Et si on marquait sur ta déclaration de naissance, né le… mort le… ?
Si tu savais le jour, le mois et l’année de ta mort, comment vivrais-tu ? Encore pire, si tu devais la choisir toi-même ?…
Tu es dans ta chambre, quelqu’un entre et te dit : " au fait, on ne te l’avait pas dit mais il faut que tu choisisses la date de ton départ, je te laisse réfléchir "… ?…
Qu’est ce que tu fais ? Même si tu t’y attendais, ça fait un choc.Tu avais fini par t’habituer à vivre… Quelle date choisirais-tu ? Et que ferais-tu du temps qu’il te reste ?
Tu te dirais probablement qu'ils se sont trompés, qu’il n'y a pas de date, mais c’est trop tard, ce jour là, tu dois le choisir, celui-là et pas un autre, tu devras disparaitre.
Qu’est ce que tu fais ? Tu la repousses tout au loin ?... Et tu cours dans tous les sens tentant de fuir l’échéance ? Tu planifies des milliers d’activités afin de ne rien rater ? Ou tu t’en fous et continue comme avant, tirant à pile ou face le jour de ton dernier souffle ?
Ou, mais je peux me tromper, une fois passé l’angoisse de te savoir mortel, commenceras-tu à relativiser pour tenter de trouver ce qui pourra te faire dire : " ça valait le coup ! ".
Ainsi la vie prend une autre lumière, la seule en vérité.
A toi, ma soeur...
Comment aurais-je pu imaginer le corps de ma petite sœur privé de sa vie ? Son rire disparu ? Sa chambre d’ordinaire si animée, ne l’était plus que de sanglots. Même devant son corps rigide, mon esprit refusait de concevoir la réalité.
Ce n’était pas elle, couchée sous ce drap blanc, si froide… Je l’avais touchée, pour savoir comment c’était la mort, je l’avais embrassée, et ses joues étaient glacées. Ma petite sœur, elle, rayonnait... Ici, tout s'était éteint.
Peut être ce jour là, dix-huit ans à peine, assis sur une chaise à la contempler, curieux de savoir comment on la mettrait dans son cercueil, me suis-je convaincu de l’absurdité de la vie.
Dans la profondeur de ma tristesse, je me suis juré de vivre le plus vite possible et de ne plus jamais revenir...
Je devais dormir pour oublier combien j’avais mal. Il me fallait le sommeil le plus profond pour sortir de ma réalité. J’y parvins... Jusqu’à cet instant merveilleux où une énorme boule blanche survola mon corps et le pénétra, déclenchant en moi une chaleur aussi intense que celle du jet d’une douche brûlante. Une sensation de bonheur et de paix m’envahit. Je baignais dedans.
Elle était venue me dire au revoir, à moi qui ne comprit pas l’incroyable vérité qu’elle venait de me dévoiler : la vie n’est qu’une parenthèse…
Cette rose est pour toi...
" Dans mon jardin, au mois de mai, il y a tant de fleurs
La marguerite et le muguet, chacune ouvre son cœur
Dans mon jardin, comme l'abeille, je sais que le bonheur
C'est de voler un peu de miel à des milliers de fleurs
A des milliers de fleurs
Mais la plus belle, c'est une rose
Une rose pour Isabelle
Une rose, rose, rose, au jardin de mes amours
C'est la plus belle, cette rose
Cette rose de mon amour
Une rose, rien qu'une rose
Juste une rose, une rose pour Isabelle
Dans mon jardin quand vient l'hiver, c'est un nouveau décor
Chapeau de neige aux sapins verts, mais le lilas est mort
Pourtant je sais que vit toujours la plus jolie des fleurs
Dans le jardin de mon amour, le jardin de mon cœur
Le jardin de mon cœur
C'est la plus belle, c'est une rose
Une rose pour Isabelle
Une rose, rose, rose au jardin de mes amours
C'est la plus belle cette rose
Cette rose de mon amour
Une rose, rose, rose
Juste une rose, une rose pour Isabelle "
Pour Isabelle
C’est important un papa... C’est quand il s’est en allé que je m’en suis rendu compte. Un peu tard... J’ai senti à cet instant que le monde ne serait jamais plus le même, qu’il n’y aurait plus personne pour me rassurer, même s’il ne le faisait pas souvent...
Je me suis dit que désormais je serai privé de son parapluie durant les violents orages, de son regard clair qui me pénétrait, de cette image à laquelle j’aurais tant voulu, malheureusement, ressembler…
Juste au moment de nous quitter, il m’a tiré de l’épais sommeil dans lequel je m’étais réfugié, couché au pied de son lit, désireux d’échapper quelques instants à une douleur si inhumaine.
Il m’a réveillé, d’une dernière caresse de son âme pour le dernier au-revoir. J’ai eu juste le temps de lui prendre la main, d’entendre son dernier souffle s’échapper de sa bouche hérissée de tuyaux…
Il m’a fait cet immense cadeau, et je l’en remercie, car ma détresse eut été infiniment plus grande s’il était parti tout seul, au coeur de mes rêves.
Our heavenly Father.
Oh, God
And my father
Who is also in heaven.
May the light of this
Flickering candle
Illuminate the night the way
Your spirit illuminates my soul.
Papa, can you hear me ?
Papa, can you see me ?
Papa can you find me in the night ?
Papa are you near me ?
Papa, can you hear me ?
Papa, can you help me not be frightened ?
Looking at the skies I seem to see
A million eyes, which ones are yours ?
Where are you now that yesterday
Has waved goodbye
And closed its doors ?
The night is so much darker,
The wind is so much colder,
The world I see is so much bigger
Now that I'm alone.
Papa, please forgive me.
Try to understand me,
Papa, don't you know I had no choice ?
Can you hear me praying,
Anything I'm saying
Even though the night is filled with voices ?
I remember everything you taught me
Every book I've ever read...
Can all the words in all the books
Help me to face what lies ahead ?
The trees are so much taller
And I feel so much smaller,
The moon is twice as lonely
And the stars are half as bright...
Papa, how I love you...
Papa, how I need you.
Papa, how I miss you
Kissing me good night...