Mardi 20 novembre 2007
par Patrick Fiori, Julie Zenatti publié dans : Journal intime
Mardi 20 novembre 2007


Plus un bruit... J'traîne des pieds... J'ai pas l'moral dans les chaussettes mais un mal de chien à m'en remettre... Mais c'est comm'ça ! J'suis écorché d'partout, plein de trous dans la peau, et mon coeur est tout mou, j'suis comm' bousillé, mais toujours là, tête dans l'guidon, le corps au chomage, toujours là à regarder la vie qui passe, avec mes casseroles, toujours là devant la même fenêtre qui regarde le même mur, qui bouge  plus que moi.

On m'avait dit que c'serait pas facile, que pus jamais j'srai c'que j'étais, mais qu'il faut toujours regarder devant, sans baisser les bras, en se forçant, parce qu'on ne vit qu'une fois. Mais moi, des fois, j'm'en fous de cette fois. Des fois j'me dis qu'c'était pas la bonne. J'ai tant d'envies d'encore, de courses, de danses que je ne sais pas, de randos qui n'attendaient que moi. Mais je savais pas. Il est déjà trop tard. Tout ça, c'est derrière, avant, que... Plus d'espoir, encore un peu de courage, et surtout pas me retourner, on me dit, mais les souvenirs sont là et les regrets avec. Je vis, oui, encore, mon coeur bat. Je vis, oui, comme la grenouille dans son bocal.

Et mes mots se sont barrés. J'ai beau prier mon ange, rien à faire. J'attends. Des sentiments. Des mots de mon âme, de la sienne ! Mais rien, que du vent dans ma tête, entre les poisons que l'on m'injecte pour que je reste debout, presque, encore un peu, tant que je peux. Etais-je fait pour ça ?... Plus de mots, j'en ai mal partout, plus de mots, l'heure serait-elle venue ? Et l'amour dans tout ça ? Et toutes mes prières ?... J'attends. J'attends. Rien. Ni signes, ni verbe... T'es où mon ange ? T'es barré où ? T'es où mon âme écrivaine ? Remisée ? Déçue ? Si blessée que tu t'es tue ?...A jamais ?...

J'suis si faible... On dirait Tennessee, avec ce désir fou de vivre une autre vie, de l'infini... J'croyais qu'tout s'passerait bien ici-bas, cette fois... Mais... le coeur en fièvre et le coeur démoli, plein de rêves et de cris, j'suis déjà au purgatoire, entre mes quatre murs que je ne quitte plus, jusqu'au jour où sans un éclat de voix ni sans un cri, et sans un seul amour... Car seul je suis... On ne vit pas avec un malade. Ainsi disparaîtra un poète fugace dont il ne restera aucune trace, que quelques mots lancés comme des bouteilles à la mer, de quoi recouvrir tout le pacifique, des mots qui flottent, et plein dessous, dans la vase ou sur les coraux, des mots partout.

Si j'm'en sors... Si j'm'en sortais ?... Mais c'est foutu. Incurable. Fini. Plus de jambes et l'énergie d'un petit pois. Même écrire m'épuise. Mais si j'men sortais ? Si je redevenais normal ? Et me voilà encore à rêver d'autres matins, de meilleurs lendemains qui n'arriveront pas, plus, jamais. Aucun retour en arrière. C'est fini. Malade je suis, malade je reste, et malade je mourrai, heureux que ça s'arrête. J'y croyais pourtant ! Et si... Et si... ? Et si j'y arrivais ? Mais non. Ils le disent, jamais plus tu ne seras normal, handicapé tu es, et seras, de plus en plus, toujours plus, jusqu'à ne plus savoir qui tu es... Légume, quel drôle de destin, j'ai tant de bleus au corps, et de si durs matins.

Voilà, j'ai presque fini. J'suis vidé. M'en faut si peu... J'vais m'retirer sur la pointe des pieds. Non, j'peux plus, m'arrive même de ramper pour monter sur mon lit. Pauvre petit homme qui n'a plus que ses mots pour survivre. Enfin presque... presque plus...



par Chris Saint James publié dans : Journal intime
Mardi 20 novembre 2007




Le dernier jour se rapproche,
Quand mes mots me fuiront,
Quand ma voix déraillera,
Quand de mon cerveau plus rien ne jaillira,
Alors sonnera le glas.

Dernier ou premier,
Je parviens à ses portes,
Quand les sondes me videront,
Quand d'autres me rempliront,
Quand mon corps sera comme arbre mort,
Alors retentira le glas.

Ce jour-là, je le choisirai,
Quand je n'aurai plus de jambes,
Que mes mains trembleront
Et que les dames en blanc
Laveront ma peau blême,
Alors résonnera le glas.

En toute conscience et non sans effroi,
Quand ne restera rien de qui je fus,
Quand d'autres tiendront ma vie,
Quand je n'aurai plus d'autre issue,
Alors que sonne le glas,
Et qu'il m'emporte, et qu'il tonne
La fin de mes souffrances.

Et le vent soufflera,
Et ma flamme éteindra.
Et la cloche sonnera,
Et mon âme emportera.

Je bénirai ce jour céleste,
Quand la vie m'aura fui,
Quand mes os pourriront,
Quand je ne sentirai plus
La douleur de me perdre,

Le glas chantera pour moi
Sa douce musique.

Le jour se rapproche
Et grandit ma peur.
Le jour est si proche
De ma dernière heure.

Mais sonneront les cloches !
Toutes.
Dans le vent,
Obsédantes et monotones
Et d'écho en écho,
Elles rediront aux vivants :

Ne pleurez pas, coeurs fidèles !
La mort est notre lot et ma délivrance.

Vivants, pas de tristesse !
La mort est renaissance et ma liberté.

Vivants, pas de regrets,
Juste un ainsi soit-il,
Pas d'à jamais,
Pas d'adieux,
Au revoir et merci,
Ca suffit.

Vivants, pardonnez-moi,
Et changez le son du glas,
Car je vous donne ici
L'harmonie qui ouvrira mes ailes,

Car je vous donne ici
La musique de mon âme éternelle...






I see trees of green
Red roses too
I see them bloom for me and you
And I think to myself
What a wonderful world

I see skies of blue, and clouds of white
The bright blessed day
The dark sacred night
And I think to myself
What a wonderful world

The colours of the rainbow
So pretty in the sky
Are also on the faces of people passing by
I see friends shaking hands, asking "How do you do ?"
They're really saying "I love you"

I hear babies cry
I watch them grow
They'll learn much more
Than I'll ever know
And I think to myself
What a wonderful world
Yes, I think to myself
What a wonderful world




















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