Qui je suis ?
Il est étonnant de voir mon tout premier article réapparaître soudainement... Est-ce là la fin d'un cycle ? Vais-je enfin passer dans une autre boucle grâce à Lucifer ?...
Depuis, bien des choses me sont arrivées. Je me suis par exemple donné le droit d'être faible, lâche, misérable, médiocre, fatigué, déprimé, dépendant et fragile. De vouloir et de ne plus, d'hésiter, de ne pas savoir, de croire que je sais, d'être en haut, tout en haut, et en bas, si bas.
Je me suis donné le droit de croire que les papillons viennent m'encourager, que le vent calme mes pensées, que la vie sait ce qu'elle me veut et me le dit à tout instant, à moi de décoder. Je me suis donné le droit de me tromper, de ne pas être infaillible, de ne pas reconnaître mes erreurs, de résister, de me cabrer et de ruer plein de rage meurtrière. De me sentir pris au piège, et plein d'autres choses aussi lourdes à porter, comme de ne pas m'accepter ni me pardonner, de ne pas m'aimer assez, encore, et de n'avoir pas su aimer, forcément.
Depuis, je sais que je fais ce qui doit être fait pour m'aimer chaque jour davantage car il n'y a pas d'autre chemin : tout commence par soi. Je sais aussi que tout est façon de voir et qu'il y a autant de vérités qu'il y a d'êtres humains, que nous sommes tous entièrement responsables de nos destins, lourd fardeau qu'une liberté qui nous laisse même le choix de notre propre mort.
Petit à petit j'ai compris la vanité stérile de bien de mes actions, l'orgueil qui m'anime, la profondeur de mes peurs, mes façons de me justifier, ma crainte de ne pas avoir raison, mes difficultés à donner sans attentes, à aimer mon reflet dans ma glace. J'ai accepté de ne pas être aussi parfait que je le voudrai et de le vouloir encore dans toutes mes imperfections. J'ai compris le poids de ma culpabilité dans cette vie et tant d'autres que je ne connais plus. Et j'ai accepté mon besoin vital d'être aimé... Car tout est là.
En ouvrant les yeux sur mes frères et soeurs de route, concentré sur leurs blessures qui appelaient des soins, comme autant de miroirs des miennes, j'ai enfin pu constater, et accepter, combien le manque d'amour nous pousse à ne pas être nous-mêmes. Tout est question d'amour sur notre terre, quelle que soit la façon de l'exprimer, que ce soit par la caresse ou par le cri.