Réponses

Publié le par Mary Morgan, Marithé, David

De Mary Morgan : Voir avec des yeux d'enfant :
" Tu l'as dit Chris : tout droit sortie d'un conte de fée... Plus exactement : je n'en sors pas mais j'y entre et ressors. Le monde imaginaire des elfes, contes, etc, m'aide beaucoup dans ma vie. Non pas que je me crée un monde qui n'existe pas pour y vivre mais plutôt pour m'y réfugier en cas de coup dur. C'est un monde parallèle à la vie réelle et non un remplacement. Quelle est belle la vie quand on la regarde avec nos yeux d'enfant."
         
De Marithé : Sourire, rire et donner :
" Coucou Chris. Chacun de son côté essaie de faire que le monde soit plus supportable. Il faut se tourner vers les autres, les écouter, les aider si besoin... Il ne faut pas s'arrêter au physique des gens, mais sourire, dire merci, bonjour... Un visage souriant attire toujours un sourire, et je suis bien placée pour le savoir, recevant des gens de toutes les catégories. Ce n'est pas toujours facile mais tant que tu as la santé, c'est ce qu'il y a de plus beau. Si tu as besoin de parler, je sais écouter. Toi tout seul tu ne pourras pas changer le monde et tu ne peux pas prendre la détresse du monde sur toi. Moi, je crois en un monde meilleur à force de le vouloir. Les gens ne sont pas foncièrement méchants mais plutot "cons". Ce qui m'attriste, c'est de savoir que des gens meurent de faim non seulement dans le monde mais en France, des gens qui ont perdu leur travail, qui n'ont plus de toit mais qui ne baissent pas les bras. Il faut voir leur courage alors qu'il y a tant de gâchis ! Aussi, c'est vrai que j'en ai marre d'être sollicitée mais à chaque fois, je donne car ce n'est pas une pièce qui va me ruiner. Du courage je vais t'en donner. Je me suis toujours battue, pas née dans une famille aisée, mais une famille riche d'amour... et je me bats encore contre cet animal qui m'attaque depuis Juillet... Ce n'est pas maintenant que je vais baisser les bras, j'ai un blog à continuer, de l'humour à revendre et des amis internautes qui sont là , sans que je leur demande rien, simplement pour parler. Que je suis bavarde ! Je te souhaite une bonne soirée et si tu veux parler, je suis là. Bisous bisous."
    
De David : tout commence par soi, et juste à côté de soi :
" J'ai envie de redonner le sourire, surtout à Chris, mais je n'ai jamais appris à réconforter autrui, à parler de la joie, de la réussite (pour reprendre Khoyot) autant que de la tristesse et de l'échec. Je ne puise généralement mes inspirations que dans la torpeur et mes envies de la désuétude. Etre tout en bas, au fond du profond, c'est somme toute assez dégueulasse à vivre, mais, finalement, n'est-ce pas là que je me sens le plus à ma place ? Je veux dire, au-delà de la complaisance, serai-je plus enclin à vous narrer mes folies douces si j'étais concrètement heureux ? D'ailleurs qui a dit que je ne l'étais pas, heureux ?
Lucifer ne me fait pas de mal, ça non, à l'inverse, ce sont dans ses enfers que j'ai trouvé une voie plaisante, épanouissante, des buts certes superficiels, mais des minutes exquises sur lesquelles me reposer, exhulter aussi. Lucifer est mon autre, ou je suis le pendant de Lucifer, en tout cas, lui et moi nous composons de bien d'humeurs inégales. Je voudrais, encore pour Chris, parler vrai, éviter les métaphores qui ouvrent trop de portes à des milliers d'interprétations. Je voudrais lui faire le portrait d'un type heureux, car oui, je le suis. Bien sûr, pas comme vous qui êtes en mesure d'aimer et de le vivre chaque jour pleinement, pas comme vous qui souriez aux aléas de l'existence qui se veut câline et propice à vous enchanter. Non, pas comme vous, mais à ma façon, je suis heureux.
Je suis loin de tous les chemins de tous les ésotérismes, en premier lieu, pour aller bien, mieux, je me suis séparé de toutes théories, de toutes phrases mal nées, mal comprises ou sujettes à tous les entendements. Ma vérité, je me la bâtirai seul, avec ceux qui composent mon quotidien, si ma vérité est de ne pas vivre le temps présent, "carpe diem", alors qu'importe, ma vérité, c'est de puiser au passé ce que je voudrais de demain. J'ai besoin de mes douleurs d'antan pour me protéger, besoin de les faire omniprésentes pour ne pas perdre de vue les infinies manières de trébucher. Cela va paraitre bien présomptueux, mais je me fous des misères du monde, oui, je me fous des fléaux, des famines, des ravages de la nature ça et là sur notre vaste terre. Non, je ne m'en fous pas comme d'un aveugle, un supérieur à toutes les lois, toutes les évidences. Je m'en fous comme d'un homme qui sait qu'avant de pleurer sur l'ignominie universelle devra, devrait d'abord apprendre à pleurer, non pas pleurer, s'émouvoir et épauler son voisin d'en face qui vient de perdre son boulot, sa femme, que sais-je d'autre, des malheurs qui atteignent celui que l'on croise chaque jour dans le hall de l'immeuble. Et puis, se foutre de la communauté, ce n'est pas se foutre des sentiments, de la vérité, c'est avant tout se consacrer à ses dits sentiments que soi-même il nous faut apprivoiser, combler avant que de ne les envisager en généralité.
Je l'avais écrit déjà, la misère de l'autre ne console pas mes petits bobos, ne jamais oublier notre échelle, nos degrés de souffrance. Et si je peux m'émouvoir, bien sûr, de la situation d'un gosse africain qui ne bénéficiera pas des mêmes traitements contre le SIDA que moi, alors, c'est affreux de le dire ainsi, mais non, cela ne me rendra pas la maladie, ma maladie, moins insupportable. Savoir regarder et écouter, entendre, n'a jamais signifié, selon moi, comprendre et, du coup, applique, à sa propre vie. Nous sommes bien trop "rien" dans l'universel pour intéragir sur l'universel. En revanche, nous sommes "tout" dans notre petite vie, au bas de notre immeuble, pour avoir l'influence et l'utilité nécessaire...
Je peux vous sembler égoïste, avec un certain manque d'humilité, mais je souffre bien plus que vous ne pouvez l'imaginez, et ce, rien qu'en explorant ma rue, mon propre chez moi...
Et s'il ne s'agit que de l'amour, s'il s'agit de l'amour, car il s'agit toujours de cela, n'est-ce pas, alors j'ai ma "théorie", toute modeste soit-elle, là-dessus. A mon sens, il n'est nul sentiment qui ne soit empreint d'amour, rien, notre présence ici ne trouve de fondement que dans l'amour, sinon, à quoi bon... Tu te lèves le matin pour l'autre, tu bouffes tes médicaments pour l'autre, pour lui rester présent, tu te vêtis et tu vis pour l'autre. L'égo ? Oui, l'égo est, et sera, fort heureusement d'ailleurs, l'égo est fonction de l'autre, de tes carences face à lui, de tes supposées supériorités face à lui, tout est fonction, pour ou contre l'autre. Et rien que cela est une fondation amoureuse. Après, qu'importe les formes, parentales, amicales, sexuelles, qu'importe, tout est de l'ordre de la relation à l'autre, comme entité comparable à soi. Car soi n'a de sens identitaire que par rapport à l'autre, toujours.
Chris, une Cosette de bon marché comme moi, c'est avant tout un gosse qui a certes mal vécu, que ces manquements soient de sa propre responsabilité ou qu'on lui ait infligé des augures néfastes, une Cosette qui pleure et geint, c'est d'abord et surtout une bonne dose d'amour qui s'écrie et se libère. On s'en fout des mots pour le dire, pour l'écrire, c'est toujours de la même sève que l'on tire ses émois, douleurs ou flagrances.
Papa me bat, je l'aime pourtant puisque je le hais si bien, Maman me dit pas qu'elle m'aime, et moi, ben moi, je lui rends au centuple ses inaptitudes, ou tout simplement, ses absences, le charognard qui m'insémine du poison dans le sang, lui aussi, je l'aime, même si je veux la cracher, la dégueuler mon amertume à son encontre. Je ne vis que pour eux, encore, ils seront toujours là, pas besoin de leur gueule dans mes alentours pour cela, y'avait avant tout de l'amour...
Et je continue, nous continuons toujours, les injustices, nous ne les changerons pas, non pas comme ça, juste en bas, dans le hall de l'immeuble, non, pas en bas, pas attendre de le croiser ce voisin qui pleure le matin en partant à l'usine, mais peut-être un jour, en traversant le couloir et sonner à la porte d'en face de la mienne, chez lui."
       

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Publié dans Journal intime

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M
Il est des jours où relire ce que l'on a écrit fait du bien!<br /> MM heureuse de relire ses mots ici chez toi<br /> Bises
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