La chenille

Publié le par JPH

" Dans un tout petit oeuf, un univers d'un millimètre cube, vivait une minuscule chenille. Elle vivait sans soucis, sans questions, elle avait parcouru la totalité de l'univers, elle le connaissait dans les moindres détails, et rien ne semblait pouvoir lui arriver.
Un jour cependant, il lui sembla que quelque chose se préparait, une petite fissure était apparue dans le ciel. Plus le temps passait, plus elle s'agrandissait, si bien qu'après quelques temps, c'est l'univers tout entier qui se déchira. Notre petite chenille fut d'abord effrayée de découvrir qu'il en existait un autre derrière sa coquille, immense celui-là, elle ne pouvait même plus en apercevoir les limites, elle se sentit perdue. Puis peu à peu, voyant que rien de fâcheux ne lui arrivait, elle décida d'aller voir plus loin. 
Il lui fallut pour cela ramper sur la feuille où son oeuf avait éclos. Sur son chemin, elle rencontra bientôt d'autres chenilles tout à fait semblables à elle-même. Toutes étaient affairées à grignoter des feuilles et notre amie se mit à en faire autant. Elle trouva cela agréable, elle se sentit même animée d'une énergie nouvelle et prête à partir à la découverte de son nouvel environnement.
Elle partit donc à l'aventure, escaladant les brindilles géantes, dévalant sans cesse les pentes vertigineuses des pierres sur son chemin ; l'univers était sans fin, et elle se sentit soudain bien petite, si fragile dans toute cette immensité.
Elle aurait voulu connaître ce qu'il y a plus loin encore. Elle continua à grignoter ses feuilles pour prendre des forces et décida de grimper tout en haut de la grande tige qui se trouvait devant elle. En chemin, elle croisa quelques unes de ses semblables, elle essaya de leur parler de ce qu'elle avait découvert, de ce qu'elle avait vu, elle voulait partager son émerveillement face à ce nouvel espace qui s'offrait à elles et qu'elles devaient connaître, mais elles ne s'intéressaient qu'aux feuilles qu'elles dévoraient les unes après les autres, et ne se souciaient aucunement de savoir ce qu'il y avait au delà. Elle décida donc de continuer seule son ascension, et plus elle montait, plus elle découvrait de choses, plus elle voyait loin, plus elle se sentait riche de ses découvertes.
En arrivant au sommet, elle découvrit la magnificence de la fleur et fut éblouie par la splendeur de ses couleurs. Elle aurait aimé être fleur, mais se rendit vite compte qu'elle était attachée, et que si elle voyait loin, elle ne pouvait pas parcourir l'univers qu'elle embrassait. Notre amie se préparait à redescendre quand elle vit s'approcher dans les airs une fleur qui volait, une pure merveille. Les couleurs chatoyantes resplendissaient sous les rayons du soleil, et la chose voletait de ci de là. Comme elle aurait aimé être dotée de cette faculté de voler, avec des ailes, elle aurait pu sans doute visiter tout l'univers, elle aurait pu s'élever très haut dans les airs pour contempler d'un seul regard la création toute entière. Elle rêvait ainsi exprimant ses désirs à haute voix quand une voix lui répondit, c'était un papillon : " Ne crois pas ce rêve irréalisable. Moi aussi, autrefois j'étais chenille, un jour toi aussi tu seras papillon." Puis il s'envola sans en dire davantage. 
Depuis ce jour, notre chenille n'eut de cesse de comprendre comment une vulgaire chenille pourrait bien devenir comme ce papillon magnifique. Elle y réfléchit longtemps et se mit à observer sans relâche les moindre mouvements des papillons, espérant découvrir le secret. Et en effet, un jour elle pensa avoir trouvé la solution : jamais le papillon ne s'abaissait à grignoter des feuilles, il se nourrissait d'une nourriture bien plus noble, le nectar des fleurs, c'est sans doute cela qui le faisait tant ressembler aux fleurs.
Dès lors notre chenille passa ses journées à escalader les fleurs pour se nourrir de leur précieux nectar. Sur son passage, elle croisait ses congénères et pensait : " les pauvres elles ne savent pas, mais moi un jour je leur montrerai."
Cependant les jours passaient et rien ne se produisait. Elle ne sentait pas le moindre changement et se décourageait parfois. Mais il suffisait qu'un papillon traverse les airs pour lui redonner du courage. Après quelques temps pourtant elle se sentit plus faible, il lui fallait faire de plus en plus d'efforts pour atteindre les fleurs. Tandis que ses semblables devenaient de plus en plus grasses, elle s'amincissait, " c'est cela sans doute qu'il me faut, m'alléger pour pouvoir voler." Mais un jour, elle n'eut plus la force de monter jusqu'en haut de la tige, elle se sentit très faible, si faible qu'elle ne put même pas se hisser jusqu'à une feuille. Et tandis que ses compagnes grasses à souhait se transformèrent en magnifiques papillons, sans rien y comprendre elle mourut. Passant par là le papillon songea : " peut être aurais-je du lui dire que pour devenir papillon il faut d'abord accepter d'être chenille."
JPH


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Publié dans Prof

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C
J'aim'ben ton comm !!! M'ci pour ta visite la puce !
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I
Et c'est bien compliqué de s'accepter, pour sûr! Mais on garde au moins l'idée qu'un papillon sommeille en nous....en chacun de nous...!<br /> Une histoire de confiance en Soi tout ça..., non?<br /> Biz, je retourne sur le pont...
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C
M'ci pour lui Sève !
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S
Quelle belle histoire... et si réaliste.
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