Imago Dei

Publié le par Chris

Le dieu que j'ai appris n’existe pas…
Bien d’autres en ont parlé avant moi, en toute simplicité, convaincus, peut être, eux aussi, que la beauté de leurs propos suffirait à pénétrer durablement le cœur de l’homme : 
       
Victor Hugo - Recueil : Dieu
" Âme ! être, c'est aimer.
   
Il est.
C'est l'être extrême.
Dieu, c'est le jour sans borne et sans fin qui dit : j'aime.
Lui, l'incommensurable, il n'a point de compas ;
Il ne se venge pas, il ne pardonne pas ;
Son baiser éternel ignore la morsure ;
Et quand on dit : justice, on suppose mesure.
Il n'est point juste ; il est. Qui n'est que juste est peu.
La justice, c'est vous, humanité ; mais Dieu
Est la bonté. Dieu, branche où tout oiseau se pose !
Dieu, c'est la flamme aimante au fond de toute chose.
Oh ! tous sont appelés et tous seront élus.
Père, il songe au méchant pour l'aimer un peu plus.
Vivants, Dieu, pénétrant en vous, chasse le vice.
L'infini qui dans l'homme entre, devient justice,
La justice n'étant que le rapport secret
De ce que l'homme fait à ce que Dieu ferait.
Bonté, c'est la lueur qui dore tous les faîtes ;
Et, pour parler toujours, hommes, comme vous faites,
Vous qui ne pouvez voir que la forme et le lieu,
Justice est le profil de la face de Dieu.
Vous voyez un côté, vous ne voyez pas l'autre.
Le bon, c'est le martyr ; le juste n'est qu'apôtre ;
Et votre infirmité, c'est que votre raison
De l'horizon humain conclut l'autre horizon.
Limités, vous prenez Dieu pour l'autre hémisphère.
Mais lui, l'être absolu, qu'est-ce qu'il pourrait faire
D'un rapport ? L'innombrable est-il fait pour chiffrer ?
Non, tout dans sa bonté calme vient s'engouffrer.
On ne sait où l'on vole, on ne sait où l'on tombe,
On nomme cela mort, néant, ténèbres, tombe,
Et, sage, fou, riant, pleurant, tremblant, moqueur,
On s'abîme éperdu dans cet immense coeur !
Dans cet azur sans fond la clémence étoilée
Elle-même s'efface, étant d'ombre mêlée !
L'être pardonné garde un souvenir secret,
Et n'ose aller trop haut ; le pardon semblerait
Reproche à la prière, et Dieu veut qu'elle approche ;
N'étant jamais tristesse, il n'est jamais reproche,
Enfants. Et maintenant, croyez si vous voulez !

        Mais chaque chose ayant son contraire, c’était sans compter sur d’autres qui vouaient, aujourd’hui encore, leurs existences à l’explication, à la complication, à la division de messages purs et universels en formules secrètes et autres symboles réservés à des initiés bien imparfaits dans leur manque d’humilité.
        Selon les définitions scientifiques de la Bible, ouvrage de référence de l'Occident judéo-chrétien, dieu se définit ainsi : Dieu est souverain, Dieu est d’une moralité parfaite, Dieu est juste, Dieu est vie éternelle, Dieu est omniscient et possède toutes les connaissances, Dieu est omniprésent, infiniment partout présent, Dieu est omnipotent, tout puissant, Dieu est immuable, Dieu est vérité. Voilà bien un portrait qui coupe les jambes… Il est ce qui se fait de mieux dans la puissance et la connaissance, aidé par son ubiquité et sa longévité. Pourtant quand on prend conscience de sa présence par la simplicité universelle de l’amour, lorsque sa recherche vous tenaille, analysant les symboles ou essayant de comprendre son pourquoi et son comment, on est vite surpris de percevoir à quel point il est plus simple qu'on ne le dit.
         Nous avons entendu tant et tant de choses, émis par tant et tant de doctes personnes, certainement investies d’une mission extra-ordinaire, que nous en gardons une image extérieure à notre être et bien craintive. Les églises l’ont tellement caricaturé, maintenant ainsi les foules dans un obscurantisme utile à leur pouvoir, qu’il n’est plus aujourd’hui que la pâle caricature de lui-même et par conséquent la pâle caricature de notre véritable grandeur. Car tout ce qui le concerne nous concerne. 
        En fait l’homme passe son incarnation à donner un sens à sa vie… Nos ancêtres en ont fait de même jusqu’à faire de dieu le sens majeur, l’explication unique et ultime de notre destinée, notre dernier recours pour ne pas retourner à la poussière, notre paratonerre dans les gros orages.
        Dieu est La Question de l’Homme sur l’Homme.
        Mais pourquoi aller chercher si loin ce qui est en nous ?
       Car tel le noyau de l’atome, il est tout simplement en nous, dans toutes nos pensées instinctives et intuitives de survivance, de création, de vérité, de choix entre le bien et le mal que nous ne pouvons à aucun moment de notre vie réfréner, qui que nous soyons, au fond d’une jungle ou au cœur d’une capitale occidentale, et quoi que nous fassions. Son implantation est si profonde qu’elle dépasse toutes les notions de conscient et d’inconscient, de races et de croyances. Au cœur de l’Homme, il est l’Homme, son essence, son chemin, son origine et sa destination. Il est là, partout à la fois, en chaque plus petite particule qui compose chacune de nos cellules, dans la pierre qui bâtit nos maisons, le rire de l’enfant ou la poule qui picore. Il est tout ce qui est et ce qui n’est pas, ainsi qu’il se plait à le transmettre depuis le début de tous les temps. Au cœur de toutes choses, il est amour.
    
Guy de Maupassant dans un "cahier d'honneur" au lycée de Rouen, 1868 :
         
Dieu Créateur
Dieu, cet être inconnu dont nul n'a vu la face,
Roi qui commande aux rois et règne dans l'espace,
(...)
Seigneur, Dieu tout-puissant, quand je veux te comprendre,
Ta grandeur m'éblouit et vient me le défendre.
Quand ma raison s'élève à ton infinité
Dans le doute et la nuit je suis précipité,
Et je ne puis saisir, dans l'ombre qui m'enlace
Qu'un éclair passager qui brille et qui s'efface.
Mais j'espère pourtant, car là-haut tu souris !
Car souvent, quand un jour se lève triste et gris,
Quand on ne voit partout que de sombres images,
Un rayon de soleil glisse entre deux nuages
Qui nous montre là-bas un petit coin d'azur ;
Quand l'homme doute et que tout lui paraît obscur,
Il a toujours à l'âme un rayon d'espérance ;
Car il reste toujours, même dans la souffrance,
Au plus désespéré, par le temps le plus noir,
Un peu d'azur au ciel, au coeur un peu d'espoir.
       
       Quelque soit le nom qu’on lui donne, dieu sait qu’il y en a, ou le texte auquel on se réfère, d’un bout à l’autre de la planète, au sens propre de l’expression, il est amour en chaque geste de bonté, en chaque vertu scintillante, dans toutes les beautés qui appellent notre regard. Compréhensible dans l’abandon, il se fait impénétrable dans le contrôle. Il est le jour et la nuit et toutes nos dualités car les contraires participent à son unité. Il est le signe de la Croix et le symbole du Tao, car s’il ne se décrit pas, il peut se dessiner. Il est l’Orient et l’Occident et ne demande qu’à être rassemblé. En son centre, ni haut ni bas, ni droite ni gauche car il est bien au-delà de toutes dimensions. Il a tous les noms de toutes les créations… Et vit en chacune d’elles.
        Ce dieu là, insaisissable dans sa totale présence, si simple et si compliqué, miroir et reflets, m'intéresse... et me donne envie d'apprécier la vie qui m'est donnée.
 
 
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Publié dans Journal intime

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Ils l'ont dit :<br /> "Cette conviction, liée à un sentiment profond d'une raison supérieure, se dévoilant dans le monde de l'expérience, traduit pour moi l'idée de Dieu." Albert Einstein <br /> <br /> "Chaque oeil est une petite parcelle de mystère divin. La vue est le point précis où se rencontrent l'objet et la pensée, c'est une perle qui permet à l'esprit de s'ouvrir à la lumière du soleil. L'oeil de l'homme est le miroir où la puissance créatrice inhérente à la conscience de Dieu se reflète dans l'espace créé." Jostein Gaarder <br /> <br /> "Peut-être chacun de nous vient-il sur cette terre accomplir quelque obscur ou lumineux ouvrage. Quel est-il ? Dieu seul sait. Peut-être ne sommes-nous que son regard et sa bouche, ses mains et son ouïe, rien d'autre que son désir de découvrir sa Création. Il m'arrive d'imaginer que je suis venu respirer pour lui le parfum de telle rose, tel jour, dans tel jardin, et que ma vie n'est qu'une brève ou longue attente de cet instant." Henri Gougaud <br /> <br /> "Il n'existait qu'une manière d'accéder à la sagesse ; une seule croyance, une seule pensée y conduisait : la certitude que Dieu est en nous. Les écoles, les églises et toute la culture, y compris les sciences, ne font que dénaturer cette vérité, constamment trahie et enseignée de travers." Hermann Hesse <br /> <br /> " La contemplation de la nature fait les poètes ; la méditation de la destinée fait les penseurs. Le poète et le penseur regardent chacun un côté du mytère. Dieu est derrière le mur. " Victor Hugo<br /> <br /> " Le secret douloureux des Dieux et des rois : c'est que les hommes sont libres. " Jean-Paul Sartre <br /> <br /> " J'ai trouvé Dieu dans les flaques d'eau, dans le parfum du chèvrefeuille, dans la pureté de certains livres et même chez des athées. Je ne l'ai presque jamais trouvé chez ceux dont le métier est d'en parler. " Christian Bobin <br /> <br /> " Dieu, ou le zéro des mathématiques, sans valeur en lui-même, mais indispensable pour la numération. " Édouard Herriot
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