Des temps que l'amour ignore, par David

Publié le par David chez Absolu Vindicatif




" Les gouttes de pluie du temps, ou des minutes trop longues, des secondes secousses, ou des heures hagardes, les bourrasques du temps, des passés à ne jamais vouloir se souvenir, des illusoires devenirs qui ne seraient que des ombres contrefaites de ce déjà trop vécu, les embellies du temps, ou l'amour soudain (avant qu'il ne redevienne bourrasque à son tour), et le billes toutes rondes au dessus des joues d'un enfant, la poésie d'une amie qui vous réconforte dans l'âme miroir de sa compassion... Le temps, celui qui passe et nous épie, nous impie parfois, le temps a ceci de commun avec l'autre temps, celui des météorologies, des prévisions ou des paysages tout bonnement constatés par delà nos fenêtres, les temps ne font qu'un, métaphores entremêlées sur la durée et la forme, allégories du chronométrage et de la nature. Les temps sont nous, êtres en mouvements et mouvementés. Toutes les couleurs ou parfums ont sacrifié à tous les métronomes et décades. les temps sont des imprécisions tellement mesurées !

J'ai vécu des temps que mes hauteurs ne pouvaient faire culminer avec la grandeur de leur démence, j'ai vécu des temps si furtifs, des instants de l'éphémère que ma naïveté de petit m'a empêché de diviniser avec les cîmes enneigées ou la rousseur des platanes en automne. Je vis à présent ce que les saisons apportent ou retirent, ce que les vents procréent ou érodent. Je vis la force et la fougue, je vis l'immédiateté ou la perception des signes divinatoires. Tout n'est qu'affaire de temps, mes 30 ans et la pâleur de ma peau, mes nuits trop courtes ou mes cernes les confondant, mes courses contre la montre et mes essoufflements de trop vieux fumeur. Tout n'est qu'histoire de temps, voyez-vous, qu'il soit durée ou image, le temps nous assigne et condamne en perpétuité ou fugacité.
Il est néanmoins un attribut dont le temps ne saurait s'emparer : l'amour.

Je n'ai jamais eu les capacités pour mesurer, calculer, programmer mes grâces sentimentales, je ne sais combien durent les ébats de la chair, les cris de la sueur et les lanscinantes extases, je ne sais ce que vaut le regard de l'être aimé posé sur vous, ni s'il fut bleu , vert ou de toutes autres couleurs, ni s'il fut un clignement de cils, la douleur éternelle d'une larme qui éclot de son berceau. Le temps n'a pas de prise sur nos coeurs, et pour cause, nous n'avons plus d'effets, ni de conséquences sur lui. Alors, certes, nous pourrons toujours nous dire que les partages furent de bien trop courte durée ou que l'émotion ne fut pas assez appuyée, mais ne le dites-vous pas chaque fois qu'un échange de bonheur sera nécessairement toujours trop court, que les forces pour répondre aux élans de son double seront toujours trop vaines ou moindres... Rien n'est suffisant et se suffit à soi en amour, et le temps n'a pas de prise sur cela.

Je voudrais alors aimer, retrouver ces parenthèses du temps, ne plus avoir pour seule conduite les obligations ou dépenses d'énergie, de santé, et de planning, faire que le temps ne soit que secondaire, parrallèle, peut-être accessoire, et aimer, avec pour seul devise que le temps n'existe pas..."

 

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Publié dans Dans les étoiles

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