Dans les bars marseillais...
On s'embrasse ! Rare région où les hommes s'embrassent sans aucune gêne. Et vas-y que je te fais des bises même si je t'ai critiqué deux minutes avant. Car à Marseille c'est la parole qui est d'or, à tort et à travers de préférence. Ici on râle tout le temps, sur le temps, sur le Maire, sur la ville et sur l'OM... Dans les bars marseillais on parle fort pour bien se faire entendre, ou voir c'est selon. On rit fort, on crie sans arrêt et on annonce des vérités dignes de l'Almanach Vermot. Ca parle et parle et de plus en plus fort au rythme des tournées de pastis qui n'en finissent pas, c'est si petit un pastis dans son tout petit verre, z'ont pas l'impression de boire en fait. Dehors, le soleil brille comme d'habitude et le ciel est bleu, dedans c'est le brouillard comme à Londres. Tout le monde se connaît, salut, ciao, bisou, et le liquide anisé aidant, les voix montent pour couvrir le brouhaha qui va s'amplifiant. Pour couronner le tout, la télé grand écran tonne les infos régionales qui alimentent de plus belle les conversations décousues dont font preuve les habitués titubants... Un des avantages du bar marseillais, c'est que chacun attend fébrilement de payer sa tournée. Ca va quand ils sont deux, mais là ils sont sept au comptoir à se relancer la balle. 1 pastis ça va, ils se désaltèrent, 2, passe encore, le verre est vraiment petit, 3, ça reste supportable, c'est pour attaquer les grands sujets, 4, normal, faut jamais partir sur un nombre impair, 5, ils rougissent un peu, 6, les cernes se creusent, les regards brillent et les rires se font bien gras sur n'importe quoi sauf sur l'OM, 7, y en a qui tanguent, 8, où les doileddes ?… Le tout avec un accent à couper au couteau genre Fernandel, avec des "aing" partout, quelques "enculés", la virgule locale, et plein de "èèèèèèèè" très très accentués. La mer devient la "mèèèrreu", elle n'en finit plus de faire des vagues... Ce bar est aussi le QG d'une sclérosée en plaques, comme moi, qui semble passer ses journées à tenter d'oublier dans l'alcool la souffrance
infinie que lui cause sa maladie chronique… A chacun sa façon de porter sa croix. Pour moi, aucun jour n'est le même et je préfère me dire au creux de mes souffrances qu'il s'agit d'une expérience qui me permet de changer mon regard sur la vie, sur les autres et sur tous les oubliés de notre société que sont les handicapés. Car si tu regardes bien autour de toi, tu en verras bien peu. Ton monde n'est pas fait pour eux…
infinie que lui cause sa maladie chronique… A chacun sa façon de porter sa croix. Pour moi, aucun jour n'est le même et je préfère me dire au creux de mes souffrances qu'il s'agit d'une expérience qui me permet de changer mon regard sur la vie, sur les autres et sur tous les oubliés de notre société que sont les handicapés. Car si tu regardes bien autour de toi, tu en verras bien peu. Ton monde n'est pas fait pour eux…
Publicité