"20 000 lieues"

Publié le par chris StJames

Et me voilà sous les mers... Un irish-coffee pour détendre mon écriture. C'est chaud, c'est bon et plus de saison que leur fameux Ricard. Je suis dans le pub irlandais, va savoir pourquoi, des Goudes. Je sais que ça ne te dit rien du tout mais pour moi ça veut dire beaucoup. Les Goudes, c’est un tout petit port encore de pêche dans une calanque comme il n'en existe que chez nous, au pied de grandes collines bien méditéranéennes, blanches et sèches, où pourrissent les derniers vestiges en béton de la grande guerre. C'est le petit port de mon enfance d'où nous partions en famille pendant les grandes vacances sur un joli bateau tout bleu, le Volupi. Rivés sur leur banc de bois, on y trouve encore les vieux pêcheurs d'antan, pas tremblotants, toujours assis devant leur bicoque de l'Union Nautique. Leur passe-temps favori est d’observer d’un œil dédaigneux et avec force commentaires fleuris les flots de marins du dimanche qui envahissent leur territoire sans la moindre gêne... Ca me plairait bien de devenir un petit vieux amarré à un petit port qui écoute le temps passer et regarde les femmes enjamber leurs tas de cordes… Prendre le temps de vivre… Ainsi, tu mesures mieux le pied que je prends à écrire dans un tel lieu, tandis que le liquide commence à secouer mes neurones. Un pub irlandais dans un port marseillais ? Ben voui, tout est possible dans la cité phocéenne. Pourquoi le "20000 lieues" ? Parce que l'intérieur ressemble à celui du Nautilus. Logique. J'écris dans un sous-marin et la mer turquoise accompagne mon inspiration éthylique.. Peu de clients, c'est pas encore la saison. Barry White en fond sonore, j'aime. Sur un écran discret, le dernier match de l'OM, j'm'en fous. Ici, les conversations sont feutrées, fait très étonnant quand on connaît la propension des marseillais à hurler. Doivent pas être du coin. Ou c'est le côté sous-marin.
    

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Publié dans Journal intime

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