Les djeuns !

Publié le par Chris

        Les jeunes se portent sombres cette année, dans le coin. Peut-être ailleurs sont-ils plus colorés, mais ici, sous le soleil omniprésent, ce sont le marron, le noir et le bleu-marine qui prédominent. Les couleurs claires semblant réservées aux trentenaires, et plus si affinités… Dans leurs panoplies ténébreuses, crise d'adolescence oblige, outre le fameux sac à dos aux slogans révolutionnaires, le Ché est très à la mode, il y a aussi la casquette, américaine de préférence, genre I love NY, et noire, forcément, car le mal-être ne tolère aucune tache claire. Ecouteurs vissés dans les oreilles, ils déambulent sur la place, oisifs, entre deux cours probablement, il y a une école pas loin. Ils se connaissent tous, se croisant à longueur de journée dans des couloirs aussi obscurs que les matières qu'on tente de leur enseigner, mais restent en groupes qui semblent parfaitement constitués, autonomes, et totalement privatifs.
        Une gamine parfait son apprentissage de ce qui ressemble à un jeu de masses d'armes : deux grosses boules au bout de chaînettes qu'elle fait tourner avec brio au-dessus de sa tête. Nos chevaliers médiévaux seraient enchantés…
      Quelques filles délurées aux voix stridentes et au langage peu chatié, mendient désespérément une cigarette que leur refusent tous les passants. Les commentaires fusent sur leur méchanceté, malgré tous les sourires qu'elles font en quémandant, et qu'on pourrait facilement prendre pour de l'insolence adolescente.
        Un jaune (pas si jaune que ça d'ailleurs, d'où vient cette couleur qu'on leur attribue ?), embrasse une noire. Très "Benetton" comme image mais d'une chaleur et d'un optimisme qui me vont droit au coeur.
        Un gamin de quinze ans parle d'une "gamine"… Quelle âge peut-elle bien avoir ?
        Deux jeunes filles assises sur le muret qui délimite la sortie du parking, parlent de choses et d'autres. Le propre du djeun est en effet de se percher n'importe où : muret, capot de voiture, bordure de pelouse, perron, comme les pigeons qui volettent en rase-motte en quête de leur pitance. Leurs gestes sont calins, leurs regards tendres. Elles sont amies, sans conteste, leur relation est toute d'intimité. Vêtues de noir, elles dorent au soleil de midi, même si leurs peaux mates n'a pas besoin de plus de couleur.
        Ca se calme on dirait… Ils doivent être en cours à rêver de leur dernier week-end, des bras de leurs amours juvéniles, d'autres lieux où l'on est toujours plus libres.
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Publié dans Journal intime

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C
C'était sur une place, devant un café. C'était une observation de mes frères et soeurs avec plein d'années de vant eux. C'était ce que j'étais, il n'y a pas si longtemps que ça, un autre monde bien plus beau et vivant que celui des grandes personnes. Et puis, les mélanges, à Marseille, moi ça me fait croire en l'Humanité ! Merci StormHeart !
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S
Encore moi, Non là je craque, beaucoup d'humour dans cette, comment pourrais-je l'appeler, descriptions, faisant partie moi-même de ces djeunes dont tu parles. Etre observé de la sorte, on aurait pu prendre ceci pour un descriptif du comportement d'un quelconque autre primate, le jeune à lui même semble en être un bien observé apparemment !!!
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