Merci Malisan ! Magnifique question !... J'ai tout de suite pensé à CG Jung :
La persona
" La persona est étymologiquement le masque que portaient les acteurs des drames antiques afin de signifier leurs rôles.
Chez Jung, il s'agit d'une fonction de représentation de l'individu au sein de la société. Cette fonction s'élabore par des apports conjoints de l'individu et du contexte social. De telle façon que cette représentation de l'individu à autrui est constituée pour une part plus ou moins appréciable de ce qu'y investissent la société et autrui. Il y aurait donc une forte méprise pour le sujet s'il en venait à s'identifier à ce qu'il semble apparaître aux yeux des autres, à sa persona.
Jung est ainsi aux antipodes de la psychologie d'Adler et des psychologies culturalistes. On appelle culturalistes les conceptions psychologiques qui non seulement soulignent l'apport de la société et de la culture dans la formation de la personne mais décrivent cette formation de telle sorte qu'il semble que l'individu soit une cire molle qu'une société, (une culture) marque de son sceau et fait ainsi passer à l'état d'homme. Rien de tel chez Jung. On pourrait, au contraire, le taxer de l'excès inverse.
Si, son réalisme clinique et les nécessités de sa doctrine lui imposent une phase d'extériorisation où l'être s'insère dans la société et s'investit dans des fonctions, ce n'est pas pour autant que la société a le pouvoir de pénétrer jusqu'à l'intime de l'individu. Jamais elle ne semble aller plus loin que le plan, somme tout extérieure de la persona.
D'ailleurs, ce que l'individu rencontre à l'extérieur de lui c'est ce qu'il y a inconsciemment projeté. L'aboutissement du développement de l'homme n'est pas une participation au bien commun des hommes ni même l'ouverture à un autre que soi. "
Les troubles liés à la persona
" Lorsque le sujet en arrive à identifier l'essentiel de ce qu'est sa personne à ce que donne à voir la persona, il provoque une réaction compensatrice de la part de son inconscient.
Comme nous le verrons, cet acte de compensation n'a de sens que dans le cadre de la conception jungienne de la personnalité : le Soi. Il ne s'agit pas ici d'une réaction tel qu'Adler aurait pu la décrire, mais d'un phénomène de rééquilibrage semblable à celui qui se réalise entre deux vases communicants si l'un est plus rempli que l'autre.
Donc, un excès d'identification à la persona provoque l'intervention de l'inconscient dont les contenus s'infiltrent au sein de l'activité consciente et la parasite ou la paralyse.
Face à ce parasitage ou cette paralysie, deux solutions s'offrent au sujet. La plus fréquente et la plus immédiate est, selon Jung, le recadrage des exigences de la persona à un niveau inférieur à celui où elles se situent. La grenouille s'étant prise pour un bœuf, la thérapie consiste à dégonfler la grenouille jusqu'à ce que ses projets et ses ambitions retrouvent une taille qui soit viable pour elle.
La seconde solution, bien plus longue, consiste en un véritable travail de métamorphose de la personnalité : l'individuation. "