Les six clefs de la Philosophie

Publié le par DIVES SICUT ARDENS. S.

LETTRE
AUX VRAIS DISCIPLES D'HERMÈS
CONTENANT
SIX PRINCIPALES CLEFS
DE LA PHILOSOPHIE SECRÈTE
         

Le Nom de l'Autheur est en Latin
dans cette Anagramme :

 DIVES SICUT ARDENS. S.

                 
        " Si j'écrivais cette lettre pour persuader la vérité de notre Philosophie à ceux qui s'imaginent qu'elle n'est qu'une vaine idée et un pur Paradoxe, je suivrais l'exemple de plusieurs maîtres en ce grand art ; je tâcherais de convaincre de leurs erreurs ces sortes d'esprits en leur démontrant la solidité des principes de notre science, appuyés sur les lois et sur les opérations de la nature, et je ne parlerais que légèrement de ce qui regarde sa pratique ; mais comme j'ai un dessein tout différent et que je n'écris que pour vous seuls, sages Disciples d'Hermès et vrais Enfants de l'art, mon unique but est de vous servir de guide dans une route si difficile à suivre. Notre pratique en effet est un chemin dans les sables où l'on doit se conduire par l'étoile du Nord plutôt que par les vestiges qu'on y voit imprimés. La confusion des traces qu'un nombre presque infini de personnes y ont laissées est si grande et on y trouve tant de différents sentiers qui mènent presque tous dans des déserts affreux, qu'il est presque impossible de ne pas s'égarer de la véritable voie que les seuls sages favorisés du Ciel ont heureusement su démêler et reconnaître.
          
        Cette confusion arrête tout court les enfants de l'art, les uns dès le commencement, les autres dans le milieu de cette course Philosophique, et quelques uns même lorsqu'ils approchent de la fin de ce pénible voyage et qu'ils commencent à découvrir le terme heureux de leur entreprise ; mais qui ne s'aperçoivent pas que le peu de chemin qui leur reste à faire est le plus difficile. Ils ignorent que les envieux de leur bonheur ont creusé des fosses et des précipices au milieu de la voie et que faute de savoir les détours secrets par où les sages évitent ces dangereux pièges, ils perdent malheureusement tout l'avantage qu'ils avaient acquis, dans le même temps, qu'ils s'imaginaient avoir surmonté toutes les difficultés.

        Je vous avoue sincèrement que la pratique de notre art est la plus difficile chose du monde, non par rapport à ses opérations, mais à l'égard des difficultés qu'il y a de l'apprendre distinctement dans les livres des Philosophes : car si d'un côté elle est appelée avec raison, un jeu d'enfant, de l'autre elle requiert en ceux qui en cherchent la vérité par leur travail et leur étude, une connaissance profonde des Principes et des opérations de la nature dans les trois genres ; mais particulièrement dans le genre minéral et métallique. C'est un grand point de trouver la véritable matière qui est le sujet de notre œuvre ; il faut percer pour cela mille voiles obscurs dont elle a été enveloppée ; il faut la distinguer par son propre nom entre un million de noms extraordinaires dont les Philosophes l'ont diversement exprimée ; il en faut comprendre toutes les propriétés et juger de tous les degrés de perfection que l'art est capable de lui donner ; il faut connaître le feu secret des sages qui est le seul agent qui peut ouvrir, sublimer, purifier et disposer la matière à être réduite en eau ; il faut pénétrer pour cela jusqu'à la source divine de l'eau céleste qui opère la solution, l'animation et la purification de la pierre ; il faut savoir convertir notre eau métallique en huile incombustible par l'entière solution du corps d'où elle tire son origine, et pour cet effet, il faut faire la conversion des éléments, la séparation et la réunion des trois principes ; il faut apprendre comment on doit en faire un Mercure blanc et un Mercure citrin ; il faut fixer ce Mercure, le nourrir de son propre sang afin qu'il se convertisse en soufre fixe des Philosophes. Voilà quels sont les points fondamentaux de notre art ; le reste de l'œuvre se trouve assez clairement enseigné dans les livres des Philosophes pour n'avoir pas besoin d'une plus ample explication.
          
        Comme il y a trois règnes dans la nature, il y a aussi trois médecines en notre art qui font trois oeuvres différents dans la pratique et qui ne font toutes fois que trois différents degrés qui élèvent notre élixir à sa dernière perfection. Ces importantes opérations des trois oeuvres sont réservées sous la Clef du secret par tous les Philosophes afin que les sacrés mystères de notre divine Philosophie ne soient pas révélés aux profanes ; mais pour vous qui êtes les enfants de la science et qui pouvez entendre le langage des Sages, les serrures vous seront ouvertes, et vous aurez les Clefs des précieux trésors de la nature et de l'art, si vous appliquez tout votre esprit à comprendre ce que j'ai fait dessein de vous dire en termes autant intelligibles qu'il est nécessaire, pour ceux qui sont prédestinés comme vous êtes à la connaissance de ces sublimes mystères. Je veux vous mettre en main six Clefs avec lesquelles vous pourrez entrer dans le sanctuaire de la Philosophie, en ouvrir tous les réduits et parvenir à l'intelligence des vérités les plus cachées. "
Publicité

Publié dans Dans les étoiles

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article