L'école de l'Amour

Publié le par chrisStJames

J'ai commencé comme ça :

Dans les souffrances qui me minent encore, je dirai mes ruptures en deuxième. Toutes. J'ai cru en chacune d'elles mais je me suis planté en beauté à chaque fois. J'avais tant à régler avant de pouvoir aimer. La pire de toutes fut ma rupture avec I., la plus dure, la plus incompréhensible, mes fautes étaient-elles si lourdes ? Nous aurions certes pu, c'est toujours ce qu'on dit après, avec le recul nécessaire qui fait si cruellement défaut dans la vie de tous les jours, nous aurions pu, c'est vrai et c'est aussi ce que l'on dit toujours après, avec les sempiternels j'aurais du, elle aurait pu, et blablabla, oui nous aurions pu mieux communiquer et je le regrette encore. Mais je n'étais pas prêt à l'époque, je perdais mon père.

Et là j'ai changé de sujet pour en prendre un bien gros bien dur :

Un autre gros morceau. Pas pour les mêmes raisons que ma soeur, car il me manque moins si je veux être sincère. Il a vécu, lui. C'est le modèle qui me pèse encore. Il n'a pas tout fait mal mais il n'a pas été bon en tout. Comme la plupart des parents, faut avouer que c'est bougrement compliqué d'élever des mioches. J'ai encore un gros passif à régler avec lui. Sa vision de la vie était juste selon ce qu'il avait appris, c'est à dire pas grand chose d'essentiel, mais il avait lui aussi de sacrés trucs à régler, et trop pour avoir des enfants. Il a fait de son mieux, j'ai pas mieux fait, au contraire, j'ai fui. Forcément. Je n'ai pas voulu reproduire le schéma parental, la rigidité de son éducation. Je ne me suis pas senti capable d'élever des enfants. Qui l'est d'ailleurs ? A part quelques rares exceptions, qui a la maturité et la conscience nécessaires pour élever un petit d'homme ?

La vraie question était posée :

C'est une matière que l'on devrait enseigner obligatoirement dans les lycées, on éviterait ainsi bien des erreurs dues à l'inexpérience, aux projections pertubatrices, à la post-adolescence (ou pré-adulescence) de la plupart des couples qui font un enfant, à un trop plein de passion qui peut engendrer le pire quand on perd le sens des conséquences de ses actes. Je serai même favorable à un diplôme. Si. On n'a des enfants que si on sait comment ça marche, comment s'y prendre, pour éviter de faire des dégats qui auraient facilement pu être évités. En plus, je suis sûr que ça soignerait les parents potentiels. Mais on me crucifierait sur la place publique si j'émettais sur les ondes le début de l'idée. Pourtant on apprend bien à élever un chien, on se renseigne dans les bouquins, comment ça marche, ce que ça aime, et quand on s'y intéresse de près, conscient que l'on a une vie dans les mains, de la pate à modeler que l'on va façonner pour obtenir le meilleur résultat (?), on apprend plein de choses qu'on ne savait pas et qui facilitent la vie. Il y a certes toute une littérature sur l'art d'élever des enfants mais combien la lisent ? Et combien comprennent que pour donner le meilleur de soi il faut d'abord l'avoir trouvé en soi, donner vierge de ses vieilles expériences qui polluent le présent. Au vu des résultats d'un apprentissage sur le tas, je ne crois pas délirant de vouloir imposer cette matière, au même titre que "savoir communiquer" ou "règles essentielles pour bien vivre". La psychologie est la voie de la sagesse et notre avenir à tous, car tout va mieux quand on va bien. Avec une éducation qui prenne en compte la relation humaine avec le même sérieux qu'elle affiche à propos de maths, il est absolument certain que notre monde irait rapidement mieux. Sans conflits, qui commencent tous dans nos têtes, sans exception, il n'y a pas de guerre. Tous les tyrans ont d'abord été des enfants capables d'aimer et d'être aimés. C'est la qualité et la quantité de cet amour qui fait d'eux des bourreaux et de nous des victimes. L'Age d'Or de l'humanité commencera quand on apprendra à aimer dès la maternelle. J'appelerai cette école : l'Ecole de l'Amour ou la Trainée de Poudre.

(Article paru sur Oulala.net : http://www.oulala.net/Portail/article.php3?id_article=2780)

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Publié dans Prof

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N
Tu penses que si tu avais eu des enfants, tu les aurais élevés comme tu as été élevé? Parce que moi, il y a des choses dans l'éducation que m'ont donné mes parents qui m'ont fait beaucoup souffrir, d'autres beaucoup énervé... ce que je sais c'est que je ne le ferai jamais revivre à mes filles! Je ferai sans doute d'autres erreurs, qu'elles pallieront elles-mêmes quand elles seront mamans à leur tour, mais je ne reproduirais pas les mêmes erreurs que mes parents, ça c'est sûr!Au bout du compte, si chaque enfant devenu parent fait mieux que ces propres parents, on va droit vers une éducation parfaite! :o))))
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