Le Tunnel
Parfois je suis pris d'un ras-le-bol dévastateur. Ca me vient comme ça sans vraies raisons, comme un tsunami qui me laisserait brisé avec les cocotiers, dans des monceaux de débris, mes sombres pensées. Me viennent des à-quoi-ça-serts et des à-quoi-bons que j'aurais bien voulu laisser au fond de mon cerveau, ou de mon coeur, des mauvaises herbes que je préfère oublier au fond d'un fossé quelque part tout en bas, j'ai perdu le plan. J'peux rien y faire, je sens que j'en ai marre, que la paix tarde à venir, que je suis le responsable de mes idées noires, que tout ne va pas comme il faut. Alors tonne l'impatience. Je bouge dans le vide tentant de déplacer un air qui ne m'a rien fait. Car si je me pose, tout et à la place où je l'y ai mis. Ouais... J'saurai pas comment te dire, c'est plus fort que moi l'envie de tout briser, jusqu'à moi-même, de poser mon fardeau sans savoir où le mettre et de le sentir là si lourd dans mes propres ténèbres. Parfois mes souffrances jaillissent en bloc, rien à faire et rien qui annonce ce raz-de-marée, pas moyen de m'y préparer, je sais que je vais m'y noyer quelques temps. La vie devient alors maussade et ce n'est que dans mon atelier que je me sens bien éloignant par ma plume mes démons intimes. Peu importe qu'on me dise qu'il fait beau ou qu'ailleurs il y a pire, aucun mot ne comble le gouffre qui s'ouvre en moi. Parfois me vient comme une envie d'abandonner... Blessé à mort, de m'écrouler sur le bord du chemin et d'attendre avec impatience la délivrance. L'oubli. Mais ça passe, tout passe tu le sais, rien ne résiste au temps. Un jour revient le beau temps, et les oiseaux qui chantent, un sourire sur mes lèvres et le besoin de découvrir. Mais entretemps, bon sang, qu'il est long mon tunnel.
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