Qui fait 25 choses à la fois... ?...
C'est mon problème avec le temps. Je vis à cent à l'heure, enfin je le crois, dans la désespérance de ne pouvoir tout faire, car je veux tout faire, en permanence et donc en même temps. Voilà mon problème. J'ai une telle conscience de l'inéluctabilité de ma fin que je manque de temps jusqu'à ne plus savoir comment utiliser à bon escient celui qui m'est imparti. Le monde est si vaste ! Et mes désirs si nombreux... Alors tout se bouscule, j'peux pas choisir, tous mes projets sont importants, et je ne bouge plus, je me fige, patte folle... Je n'arrive pas à m'arrêter de penser à ce que je pourrais et devrais faire avant que n'arrive la dernière seconde à laquelle bien sûr je ne m'attendrai pas, enfin pas à ce moment-là, c'est jamais le bon n'est-ce pas ? Est-ce cela l'insatisfaction ? Ou suis-je un hyperactif contrarié par un corps fatigué ?... Et qui me contrarie sinon moi ?... Je ne pourrais pas tout faire, c'est clair ! Et logique. Que je fasse ce que je peux serait déjà bien. Et tout ce que je dois faire m'est dicté par une voix qui ressemble étrangement à celle de mon père dans ses mauvais moments. Une partie de moi me crie ainsi d'agir vite-vite, prétextant trop souvent, je le sens, une catastrophe imminente qu'il est temps de parer, l'autre de me poser dare-dare, car c'est dans la méditation qu'est la voie, le lion et le cancer s'affrontent et je suis écartelé dans ma dualité, figé dans l'indécision, marchant difficilement tant je suis la proie de l'agitation désordonnée de mes pensées fébriles. Un pas en avant, un pas en arrière, et je boite. Je ressens cette urgence à l'intérieur de moi, de mieux en mieux. Je me vois faire, mais je ne vois pas bien pourquoi. Comme s'il me fallait toujours courir pour attraper quelque chose qui s'enfuit aussitôt. J'essaie de retenir le temps en le poursuivant à toute vitesse. Vanité... Je vois les années, les heures, les secondes parfois défiler à toute berzingue, comme si je les avais définitivement perdues à faire autre chose que ce qui les auraient rendues fructueuses. Tiens, l'attente du résultat ? Causalité tu me tiens. C'est peut-être par là que je devrais commencer, à faire pour la beauté du geste. ... Mais comment on fait ? Faire sans attendre de résultat ?...
Publicité