Les accompagnatrices (titre provisoire), Scène ?

Publié le par chris StJames

Assise au bar américain, Farida se tourne brusquement vers la fenêtre alors qu'Ingrid lui parle de son dernier voyage :
I surprise et coupée dans son élan : - dans le bus,... ?... Et y a quoi dehors de si intéressant ?
Farida se retourne.
- F : Mais je t'écoute !
I ricanant : - La concierge !!! se moque-t-elle. Tu parles ! Mais qu'est-ce que tu as à regarder tout le temps par la fenêtre ?! Depuis qu'on s'est installées ici, t'es tout le temps en train de regarder par la fenêtre. Et celle-là ! Pas une autre ! Mais qu'est-ce que tu vois de là ?
Ingrid va vérifier. Farida hausse les épaules.
F se reprenant : - C'est l'effet kiss-cool, tu sais, le dehors, le dedans, la vieille avec sa baguette, toi qui parle, elle me rappelle ma grand-mère, toi que je dois faire ma valise ! termine-t-elle d'un ton stridant en s'élançant hors de la pièce.
F de loin : - Et on parlait de quoi ? crie-t-elle.
Blanc.
I ironique : - Du gendre de Mitterand.
Reblanc.
Ingrid se saisit des chips et en avale une poignée.
F éclairée : - Ha oui !!!
Farida revient dans la pièce avec un nouveau bustier.
I pensive :  - Et pourquoi de son gendre ? On parlait pas de Navarro avant ? Comment on en est arrivé à lui ? D'armes peut-être ?... Ou du Titanic ?..
I la bouche pleine imitant Chouchou : - Sont trop bonnes les chips. Les Curly aussi, ho j'adôôôre les Curly !
Elle se bascule en arrière.
F anticipant : - Pète pas le tabouret.
I méfiante : - Pourquoi tu dis ça ?
F maternelle : - T'en as déjà pété deux, tu te souviens ? Ils sont encore en bas, z'ont même pas eu droit à un enterrement, tu les laisses pourrir dans l'escalier... Avant on était cinq à table puis quatre puis trois, et l'en reste à peine deux. Comment on fait après pour s'asseoir là ? Elle montre le bar et sa fenêtre. Ingrid ne moufte pas préférant laisser passer les récriminations. De toute façon celui-là, elle se saisit de l'autre tabouret et va le placer près de la fenêtre, c'est le mien, on en a parlé.
Farida retourne à la cuisine sans attendre de réponse, et cuisine.
Quand Farida cuisine c'est journée cuisine. Ingrid tente de ne plus bouger, et préfère se lever pour arpenter le salon.
I : - Mais t'as encore changé de tenue ?!
F stressée : - Tu vas me déconcentrer. Je me sentais moins bien dans l'autre, là ça va, enfin je crois. Epluche-moi plutôt une carotte, t'as besoin de dépenser ton énergie. J'ai encore ma valise à faire !!!
Après avoir soigneusement fouillé dans le frigo, Farida lui tend une carotte toute tarabiscotée.
I anéantie : - Mais qu'est-ce qu'elle a ta carotte ? Comment tu veux que j'épluche un truc pareil ? J'sais même pas par où commencer... Et pourquoi celle-là ?
F féminine : Ca fera plus joli dans la blanquette, comme une sculpture, (petit rire), et personne la mangera, personne osera... (interrogative et anxieuse) Dis, si on mangeait pas les belles choses, on mangerait plus de cheval, ni de mouton, ni de lapin ?...
Ingrid épluche tant bien que mal en soupirant.
I : - P'têt ben. Et plus rien à mon avis. Qoui qu'il en soit tout est beau quand on sait d'où ça vient.
Blanc de réflexion.
Farida, après quelques temps à l'observer malicieusement, part les yeux dans le vague, un sourire énamourée s'affiche en grand sur ses lèvres :
F amoureuse : - Tu sais que je le vouvoie ?
I épluchant la langue dehors : - Qui ?
F - Ben lui ? s'étonne-t-elle de ne pas être comprise au quart de tour.
I désabusée : - Haaaa... Lui...  Forcément.
F petite fille : - Pas tout le temps, mais ça nous arrive, j'aime bien !... J'aurais adoré vivre au siècle dernier.
I adulte : - Les licornes, les princes charmants, les fées, etc, et les champignons pour s'assoir, et pas des peyots, si encore ils se fumaient !
F outrée : - Non mais t'arrête ! Pour les robes, je veux dire, et le vouvoiement...
Farida fait une pirouette pour faire voler sa jupe et commence à se trémousser sur Love Profusion par Madonna.
F ravie : - Elle est bonne hein ?
I s'extasant : - Géniale ! T'imagine le pouvoir de cette nana ?
F conquise et parisienne : - Ha oui, elle est hYYper-bonne.
I connaisseuse : - Ca balance bien hein ? Avec une gamme d'accord relative on peut tout faire.
Ingrid fouille dans le vaisselier.
I : - Curly ? Elle est géniale.
F : - J'en ai pas pris ! C'est quoi qu'ils disent déjà ?
I publicitaire avertie : - Curly on peut plus s'en passer !
C'est mon slogan. T'en prendras la prochaine fois hein ?
F affolée : - Et je vais pas avoir le temps pour la tarte aux pommes ! Et ma valise ?!... Elle court partout. Oui, j'en prendrai !
Farida se précipite sur la cuisinière en marmonnant qu'elle n'a pas le temps de tout faire, et que ce sera pas de sa faute, et qu'il faut pas qu'elle oublie d'appeler sa mère, et l'écrivain, fou ce que ça peut penser un écrivain !
I tentant de la calmer : - Mais t'es folle ! Tu vas pas faire une tarte après la blanquette d'agneau ?
F : - T'aimerais autre chose ?
Pour elle : " Tiens ? J'aimerais autre chose ?" Ingrid secoue la tête.
F sur un ton docte et pénétré qui coupera court à toute discussion : - J'ai trouvé la recette sur Internet santé.
I admirative : - C'est vrai qu'il faut respecter l'ouvrage. Là, tu peux pas te planter.
Farida pose un énorme minuteur devant Ingrid.
I exaspérée : - Pas ton minuteur !...
F positivement affirmative : - Si.
I anxieuse : - Un jour il va nous péter à la gueule ! Imagine un gros champignon sur la table, et pas un de chez Disney... Baoum, plus de gare, plus de Farida, plus de moi, à cause de toi...
F affairée : - Pousse-toi, faut que je mette la table.
I trouvant une occasion d'avoir l'air de faire quelque chose : - Attend ! Je vais le faire.
Ingrid met la table, en force, cherchant manifestement où sont les choses, pendant que Farida fait la vaisselle.
Silence.
Farida essuie une assiette, étend de la pâte, reste suspendue avec sa fourchette à la main, absorbée dans la pâte.
F penseuse : - La vie est un film. Regarde celui de Britney Spears, une descente aux enfers, c'est un mauvais film c'est sûr mais c'est comme un film, on aurait pu le tourner. Je suis même sûr qu'il y a des écrivains qui n'auraient jamais osé l'écrire tant c'est sordide. Non ?
Ingrid saisit la fourchette.
I pratique : - J'suis bonne pour faire les trous.
Farida observe Ingrid en train de s'acharner sur la pâte.
F : - Ho oui, le feuilletage n'est pas le même quand c'est toi qui fait les trous.
Blanc.
F soudainement inquiète : - Et comment je fais pour qu'elle gonfle pas ?
Farida se précipite dans le placard pour trouver un autre plat.
F cherchant : - Va remettre le cd !
I logique et s'en allant : - Et ton plat ? T'arrive à savoir où tu l'as rerererererererangé ?
F la tête au fond du placard : - I'm looking for !
Farida s'active en se grattant la tête. Ingrid revient.
I insistante : - Parce qu'avec ta manie de tout déplacer, la dernière fois j'ai retrouvé la cocotte-minute dans le panier à linge... Ca se passe de commentaires...
F râleuse : - Je t'ai déjà dit que c'est parce que je faisais ma valise, et elle traînait en plein milieu.
I enquêtrice : - Tu faisais ta valise dans le placard de la cuisine ?
F montant dans les aigus : Mais arrête ! Si on passe tout le temps à parler comment je fais la cuisine ? Et ma valise hein qui la fait ? Et tu sais à quelle heure je décolle ? CINQ HEURES !!! Et tu me parles encore de cette cocotte ? Mais tu sais ce que le prochaine fois tu l'appeleras la cocotte-volante ?
Ingrid esquivant : - Je vais changer le cd hein ? J'sens bien qu'il t'énerve... T'as pas tes ragnagnas au moins ?
F soupirant : - Non.
I de loin : J'préfère ! Stressée comme t'es ! En plus avec ta façon de toujours tout anticiper !
Farida met la tarte au four et tourne le minuteur. Un gros tic-tac emplit l'espace jusqu'à couvrir le son du cd.
Ingrid revient au galop.
I implorante : - Mais arrête-le !!! Elle se met à genoux. Pitié, pas le minuteur, je vais rester devant pour voir comment ça se passe mais arrête ça !
F généreuse : Alors vas-y.
Farida arrête le minuteur.
I qui a peur d'en avoir trop dit : - Où ?
F sûre d'elle : - Devant le four.
I dans un dernier effort : - Pourquoi faire ?
F certaine : - Pour surveiller la tarte !!!
Blanc.
I quittant brusquement la pièce : - J'ai mieux que ça !
Elle revient enjouée avec la caméra vidéo et la télé.
F : - Tu fais quoi là ?
I sûre d'elle : - De la vidéo-surveillance.
F ébahie : - De la blanquette de veau ?
I farfouillant dans les fils : - C'est le progrès.
F accusatrice les deux mains sur les hanches : - T'as fumé.
I : - Même pas ! C'est un éclair de génie qui m'est venu comme ça !
F : - Parce que t'appelles ça du génie ?
I : - En tout cas ça s'en rapproche comme la fin du monde.
F soudainement inquiète : - T'as encore vu des signes ?
I rassurante et branchant ses cables : - Non, non, juste les anciens.
F rassurée et pratique :  - Ha bon. Tu me rassures. ... Parce que sinon j'arrête tout, pas la peine que je cherche des accompagnements si ça pète demain ! Là (elle calcule sur els doigts) il reste au moins 5 ans pour les premiers, tout au plus 9 ans pour les autres, je tiendrai pas jusque là sans rien faire !
Farida regarde Ingrid en train de positionner la caméra devant le four.
F inquiète : - T'es vraiment sérieuse là ? Tu vas filmer la blanquette de veau ?
I affirmative : - Je couperai des bouts au montage, mais le four avec deux ou trois conneries et ça va faire un carton sur le net ! ... Faudrait un projo...
Réflexion dans le silence.
I dans une illumination : - Je vais chercher l'halogène !
F : - Non.
I coupée dans son élan - ?...
F : - J'ai la cuisine à finir et ma valise à faire, alors c'est pas le moment ! T'attendras que je sois partie pour changer l'appart en plateau.
I se reprenant : - Bon, bon...
Ingrid se rassit. Farida épluche une pomme.
F féminine : - Tu veux bien m'éplucher des noix ?
Ingrid se lève pour chercher le casse-noix.
I après une vaine exploration du vaisselier : - Où tu l'as encore rangé ?
F minaudant : - Vas-y avec les mains ?
I désabusée et retournant s'assoir, dans un soupir : - Ce qui ne tue pas rend plus fort...
Elle commence à casser une noix, le regard braqué sur Ingrid en train de relire sa recette.
F : - Arrête de m'observer ! Tu vas me déconcentrer !!!
I cynique : - Pas difficile ! T'es tout le temps déconcentrée ! Je te parle tu regardes par la fenêtre, tu changes de tenue au moins cinq fois par jour, et je suis loin du compte, t'es toujours en train de penser à quelque chose mais rarement à ce que tu fais, t'es tellement "aware" (Ingrid ouvre et ferme les guillements) que tu sais plus où donner de la tête ! Si t'anticipais moins...
F plaintive : Mais j'arrive pas à faire autrement... Mais t'as raison, je fais plein de trucs à la fois et je survole tout, j'arrive pas à m'arrêter, tout m'intéresse.
I bonne conseillère : - Tu devrais te mettre aux jeux vidéo, je suis sûre que ça te calmerait.
F péremptoire : - Et l'épilepsie ?
I esquivant : - L'étaient à la base.
F convaincue : - C'est pas ce qu'ils disent à la télé.
I soupirant devant l'image du four à la télé : - Ha, la télé...
Farida replonge dans sa recette :
F superwoman, genre mantra : - Je contrôle la matière.
Ingrid regarde le minuteur, le tic-tac devient assourdissant.
I factuelle : - Je l'ai pas vu avancer.
F affolée : Mais il marchait tout à l'heure ?!
Farida se saisit du minuteur pour l'ausculter, Ingrid lève le nez :
I : - Ta tarte est post-cuite.
Farida se précipite devant le four et manque de faire tomber la caméra.
I : - Ou presque.
F rassurée : - Ca va. Ouiiiii...
Ingrid prend le minuteur :
I partie civile : Il a fondu. Elle le montre. Là ! Qui c'est qui l'a posé sur la plaque ?
F se défendant : - Pas moi !
I : - Pas moi non plus, je suis jamais dans la cuisine !
Farida met la tête dans le four pour voir la tarte. Ingrid observe le minuteur qui se met à sonner comme Big Ben.
F râleuse et sortant du four avec du noir sur le nez : - Mais il sonne pas alors ? Pourtant elle est prête la tarte ?...
I : - Mais il a sonné ? T'étais où encore ?
Farida se précipite pour sortir la tarte et la jette sur l'évier pour souffler sur ses doigts en se traitant d'idiote. Ingrid sourit.
I : - T'es d'où déjà ?
F : - Pour ?
I : - C'est fonction ?
F : - Seine et marnaise.
I comprenant tout : - Ha...
F tiquant : - Ha quoi ?
I énigmatique et d'un revers de la main : - Non, non, pour rien...
Blanc.
I : - Dans le sud-ouest on met des gants avant de sortir un plat du four...

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C
A plus - STOP - attends info sur briefing - STOP - J'ai le début pas la fin - STOP - Comme d'habitude - STOP - Bises
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I
Ok on est au café, j'ai briffé Virginie..j'imprime et on déclame!<br /> A plus
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C
Ben tu m'as donné les clés alors c'est plus facile ! Dis-moi vite ce que ça donne sur scène !!!
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I
Ouais! Là oui! Là y'a un fil ! J'ai tout vu dans ma caboche, j'ai même déjà envie de connaitre la suite...!<br /> Let's play now..<br /> biz
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