Par exemple (blog Liberté)
J'écris comme un fou, comme si je ne savais pas faire autre chose. Tout est annexe dans ma vie, y qu'l'écriture qui compte. J'en suis frappa-dingue, complètement maboul, c'est ma plus belle maîtresse et aussi la pire. J'écris à tout en oublier, le dehors, les gens, mon corps douloureux, qui me rappelle combien je suis fatigué. Dans la bagnole, je me demandais comment je pourrai faire pour ne pas perdre les mots qui me viennent quand je n'ai rien pour les noter genre dictaphone, mais je ne suis pas habitué au son de ma propre voix. Pour arrêter de faire une fixette, je me suis dit sans me croire qu'ils me reviendront bien quand je serai prêt à les écrire. Mais tu parles, je sais ce que c'est. Ca fait cinq ans que je me demande comment faire pour notre toutes les phrases qui me viennent aux moments les moins opportuns, à croire qu'elles se foutent de moi. Parce que je les sais belle, bien écrites dans ma tête, avec tous les mots là où il le faut, une phrase comme : "cle panneau publicitaire me rappelle que le moral est "... Non, foutue, l'idée est partie. Je roulais et je me demandais, entre autres, comment changer mon regard sur les choses. Che Guevarra sur un pub de cola m'a perturbé un long moment. Comment faire boire les révoltés. Et le Ché qui se retourne dans sa tombe. Mais il s'en fout, où il est il n'en a plus rien à foutre. Bref, je tournais en rond entre mon dégoût et mon décryptage du message pas subliminal du tout, enfin je crois. J'ai tenté de changer mon regard. Il y a eu deux ou trois clins d'oeil, que j'ai oublié, partis, je savais, j'aurais du les noter. Et où j'en suis ?... Ca me fait tout le temps ça : et où j'en suis ? et où je vais ? je dis quoi là ? pour qui ? pourquoi ? Surtout pourquoi. Ca sert à quoi tous ces mots lancés sur la Toile ? Est-ce que je vais à la pêche ou est-ce que j'écris pour moi ? et si j'écris pour moi, pourquoi le donner à lire ainsi, persuadé quelque part, bien loin, que si ça me fait du bien ça peut faire du bien à un autre, comme un écrivain quoi, comme l'homme que je suis qui a fait don de sa vie à son Art.