Rien

Publié le par chris StJames

Et si j'écrivais sur rien ? Ni complots ni famines, pas de grande panne à l'horizon... Il n'y a rien que moi et mon clavier. Je suis pianiste des mots. Si je lançais quelques compositions tout à fait personnelles ? Aucuns faits, rien de tangible, pas de symphonie en cours, aucun roman sur le feu... Si je me laissais aller dans un joli monde où je suis bien à ma place à faire ce que je fais comme je le fais. Je descends du cheval au galop qui fuit son passé et se précipite tête baisée dans de sombres avenirs imaginaires. Je me pose., je suis là et manifestement pas ailleurs, l'ubiquité n'est pas encore pour moi. Pas de pression, les éditeurs me boudent, ou c'est moi mais c'est du pareil au même. Au lycée tout va bien, je fais mon taf, j'ai eu ceux que j'aime au téléphone y a pas longtemps et je suis à peu-près à jour de tout, et tout se fait en son temps. Je n'ai aucun objectif, je n'attends aucun résultat, j'écris parce que c'est ce que j'aime faire le plus au monde... Des fois je me dis que je suis fou, aimer l'art à ce point est-ce bien raisonnable ?
J'écris comme ça, comme à l'entraînement. Je lance des mots, je les teste, j'essaie des assemblages imprévus, manière de changer de style pour voir comment ça se passe, où je me sens le mieux. Je ne le sais pas encore. Ecriture romanesque ? Un travail de titan. Poésie ? Je crois que j'ai passé le cap. Essais ? Ils ne préviennent pas, rien pour l'instant. Article de presse ? J'en fais, ça m'plait bien d'ailleurs mais c'est trop en prise avec la réalité pour que j'en fasse mon style favori, j'ai besoin de rêves et des grands espaces littéraires, de mots purs et tout calmes.
Quel est mon style ? D'abord quels sont mes auteurs favoris, qu'est-ce que je vois en eux ? Saint-Exupery, la force du fond, la profondeur des mots, la puissance de la métaphore. Daniel Pennac, son humour, sa verve, l'art du dialogue. John Irving, la magnificence de ses paysages et toutes les images qu'il m'a donné, son labeur pour faire de gros bouquins, sa vie dans la nature. Nick Hornby pour sa folie disgressive qui ne me perd jamais, son art de clore, son imaginaire débridé. Voici mes maîtres. Parmi tant d'aimés.
Publicité

Publié dans Prof

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article