Points de vue
Il y a des nanas inaccessibles, des belles et grandes aux mensurations idéales, dont les fesses n'ont aucune trace et qui foutent la haine à la majorité d'entre elles, qui comprennent pas comment elles font pour être si canons... Qui y arrivent pas. On les appelle les babes sur le net. Elles sont effectivement belles à tomber, autant que les statues antiques, et aussi froides, et aussi lointaines, dans un autre espace-temps plus proche du paradis. Pour peu qu'elles soient photogéniques, la majorité des hommes ouvrent grand la bouche, tirent une langue de deux mètres de long, ont les yeux qui caressent le papier, près, tout près, de la perfection. Stupéfaits par tant de beauté, dépassés par ce que leurs yeux leur montrent, ils se disent dans la foulée et vite fait que c'est le genre de nanas qu'ils auront jamais, d'ailleurs existent-elles réellement, autrement que sur papier glacé, ils se disent plein de choses et comparent, les leurs, elles, et voient le fossé qui les sépare de leur réalité. L'envie passe. De superbes elles en deviennent indésirables. Souvent je leur cherche le détail qui tue (la perfection), car il y en a toujours un qui les ramènera au rang d'humaine, une cuisse striée, un pied mal fait, un bouton sur la joue, manière qu'elles redescendent vite fait bien fait de leur piédestal et redeviennent femmes à ma portée. Imbécile hein de chercher le défaut ? Mais ça fait du bien qu'elles soient pareilles à toutes celles qui ne s'exposent pas en photo, en raison la plupart du temps de complexes stupides. Je crois en effet qu'on peut tout aimer de sa femme, y compris ses défauts qui la rendent uniques. J'ai jamais craché sur un pli supplémentaire, ou des centimères en trop là où il faut pas, ou des doigts patauds, ou un orteil trop court, ou une surcharge pondérale atteinte au-delà de toutes les espérances. J'ai pris toutes mes femmes comme elles étaient, et souvent mieux qu'elles se trouvaient dans le miroir en pied de nos salles-de-bain. Je me souviens de détails supérieurs en nombre à ceux d'une top-model, quoique, mais qui ne m'ont jamais gêné dans mes élans amoureux. L'essentiel c'est l'être bien sûr, et peu importe son apparence, mais c'est toujours plus facile à dire qu'à expérimenter tout seul devant une déesse faite femme.
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