Reçu ce jour...
" Juste un passage du roman de Robert SILVERBERG inspirée de l'épopée de Gilgamesh, roi d'Ourouk qui semble avoir régné vers les années 2500 avant JC dans les provinces méridionales de l'Irak...
"Allons, il est temps de clore ces mémoires. J'ai beaucoup évoqué la mort, ma grande ennemie avec laquelle je me suis si ardemment colleté. Je n'en parlerai plus. Son ombre hantait ma vie ; aujourd'hui j'ai fait ma paix avec elle. Car j'ai fini par embrasser la vérité : ni les philtres ni la magie ne nous préservent de la mort, mais seul l'accomplissement de notre tâche. C'est la voie de l'assentiment, la voie de la sérénité.
Mon oeuvre j'ai réalisée, et je la poursuivrai. Je me suis fait un nom qui demeurera dans les âges. Le souvenir de Gilgamesh ne s'effacera point. Je ne traînerai pas mes ailes dans la poussière du deuil et de l'oubli. Ma mémoire survivra dans l'allégresse et la fierté. Que dira-t-on ? On dira que j'ai vécu, bien vécu ; que je me suis battu avec obstination ; que je suis mort d'une mort sans reproche. Moi qui avais craint le trépas plus que tout homme au monde, moi qui avais couru jusqu'au confins de la terre pour lui échapper, moi qui avais échoué, à mon retour l'angoisse m'avait quitté. Telle est la vérité. Car je sais aujourd'hui qu'il n'est besoin de craindre si l'on accomplit son devoir. Alors, avec la crainte elle-même disparaît la mort. Telle est la vérité primordiale que je connais : la mort n'existe pas."
"Allons, il est temps de clore ces mémoires. J'ai beaucoup évoqué la mort, ma grande ennemie avec laquelle je me suis si ardemment colleté. Je n'en parlerai plus. Son ombre hantait ma vie ; aujourd'hui j'ai fait ma paix avec elle. Car j'ai fini par embrasser la vérité : ni les philtres ni la magie ne nous préservent de la mort, mais seul l'accomplissement de notre tâche. C'est la voie de l'assentiment, la voie de la sérénité.
Mon oeuvre j'ai réalisée, et je la poursuivrai. Je me suis fait un nom qui demeurera dans les âges. Le souvenir de Gilgamesh ne s'effacera point. Je ne traînerai pas mes ailes dans la poussière du deuil et de l'oubli. Ma mémoire survivra dans l'allégresse et la fierté. Que dira-t-on ? On dira que j'ai vécu, bien vécu ; que je me suis battu avec obstination ; que je suis mort d'une mort sans reproche. Moi qui avais craint le trépas plus que tout homme au monde, moi qui avais couru jusqu'au confins de la terre pour lui échapper, moi qui avais échoué, à mon retour l'angoisse m'avait quitté. Telle est la vérité. Car je sais aujourd'hui qu'il n'est besoin de craindre si l'on accomplit son devoir. Alors, avec la crainte elle-même disparaît la mort. Telle est la vérité primordiale que je connais : la mort n'existe pas."
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