Sur "Come what may"
Tiens, je vais me mettre Come what may en boucle. Histoire d’attendre. Mon frère que j’ai pas vu depuis des années… Plus de deux, p’têt pas trois mais pas loin, voire plus pour les dix secondes où on s’est croisés en se serrant la main de loin… Ca a pas toujours été le pied entre nous, voire pire et je me retiens. Une montagne à gravir notre fraternité ! Jamais vu une relation aussi difficile entre deux frères. Et le pire c‘est qu‘on est jumeau. Faux bien sûr, tout ce qu’il y a de différent, à l’opposé l’un de l’autre, l’un scientifique qui envoie des fusées dans l’espace, excusez du peu, et l’autre, pas besoin que j’en dise plus, que je l’écrive, donc. Je sais pas pourquoi cette chanson m’a inspiré ces quelques lignes sur mon frère jumeau qui vient me voir ce soir, quitte à se paumer dans Marseille. Il vient me voir, chez moi, que lui et moi dans mon deux pièces, lui qui vit dans une maison coloniale tout près d’une plage tropicale couvertes de palmiers avec des noix de coco que t‘as pas intérêt de prendre sur la tête. A Nouméa c‘était notre hantise. Avec les requins, et les cones mortels, et les pratiques vaudous, et les serpents de mers… Quand tu passes un peu de temps sur place, tu fais gaffe. J’ai tout presque bien rangé, parce que je peux pas en faire trop, ma maladie progresse et je dois m’économiser. Bref. … Je serre les dents. J’y arriverai. Je guérirai. Et puis, tant que je peux écrire… J’ai même bientôt plus que ça à faire, j'peux plus travailler normalement, ce qui favorise une certaine prolixité qu’il serait temps que je recadre, avec le reste. … Vivivi… Je l’ai remis. J'partais pas où il faut. Je vais me le faire en boucle jusqu’à ce que ça me gave grave de chez grave. Ca m’arrive souvent de passer de l'en-boucle à l’envie-de-tout-envoyer-se-faire-foutre, rassasié jusqu’à en dégueuler, d’un air, d’une image, d’un film, d’un joli rêve, de ceux que l’on aimerait faire le plus souvent possible. Comme celui de ces deux tourtereaux qui s’envole bien au-dessus des nuages, car quoi qu’ils adviennent, come what may, come what may, I will love you until my diyng day, je t'aimerai jusqu’à mon dernier jour… Je plane avec eux, ils me donnent des ailes et l’envie d’y croire d’y croire encore et encore, parce que l’amour c’est plus fort que tout, c’est plus beau que tout, ça déplace les montagnes ! Parce que tout est une question d’amour quand on regarde de bien près, tout en-dedans de chacun d’entre nous. Et leurs voix s’unissent enfin, ils ne font plus qu’un tout là-haut à l’unisson où le soleil se lève majestueux sur une Tour Eiffel illuminée d‘étoiles jaunes et blanches et rouges… Quel feu d’artifice ! Je crois que c’était le bon jour pour les écouter me rassurer. L’amour m’unit à mon frère, la vie l’a voulu ainsi puisqu’elle nous a fait partager le même ventre. Ca mérite des efforts. J’enterre la hache de guerre.
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