C'est pas beau un hall d'hôpital la nuit

Publié le par chris StJames

Assis dans le hall, je regarde l'heure passer. 4h30... Déjà 1h30 et 2 cafés, j'hésite pour le 3ème qui ne saurait tarder ne serait-ce que pour passer quelques minutes de plus occupé à quelque chose qui justifie ma présence nocturne aux yeux des soignants endormis qui passent en traînant les pieds, intrigués de me voir écrire à pas d'heure. Me recoucher ne servirait à rien. La seule envie que j'ai c'est de me raser afin de reprendre figure humaine, de paraître en bonne santé. L'autre qui déboule est d'en finir au plus vite avec ma dernière perf et de rentrer à la maison, de me doucher, de tout oublier dans l'eau qui ruisselle et de me faire du bien jusqu'à plus soif. Oublier... Les râles de souffrance, les corps raidis et torturés, l'odeur acre des désinfectants industriels, le bruit des chariots brinqueballants, les conversations acides des aide-soignantes en manque de reconnaissance, les sonneries stridentes des appels au secours, les toux, les reniflements, les gens qui tapent de l'argent pour boire un café, les visages tristes, émaciés, crispés, les yeux larmoyants... Oublier ce concentré de souffrance qu'est un hôpital, la dernière escale pour une majorité d'entre nous, oublier la mort qui rode dans les couloirs, jamais en manque, jamais déçue et qui fauche sans distinction d'âge, de sexe, de rang, de race et de religion. J'ai envie de me noyer  dans l'insouciante innocence des bien-portants qui se croient à l'abri de cette douloureuse expérience dont on sort meurtri, quel que soit le motif de son admission. J'ai envie de ne plus savoir ce qui se trame loin des yeux et des coeurs dans ce grand bâtiment de 12 étages où souffrent des centaines d'êtres en manque d'amour. Car tout est là. Car tout vient de là.
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E
Heureuse de te retrouver. L'hôpital est une expérience abominable de déshumanistion. Brinqueballé, de salles d'examen en salle d'examan, sans que les soignants ne lui adressent la parole, le malade n'est en effet plus qu'un patient (c'est-à-dire un souffrant) pour n'être plus ensuite qu'un sac de viande. Cette mort-là est bien la pire qui rôde dans les couloirs de l'hôpital. Je comprends mieux mon voisin qui,apprenant à 80 balais qu'il avait une grave maladie, avait préféré se donner la mort que de "finir à l'hôpital."<br /> grosses bises<br />  
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A
"où souffrent des centaines d'êtres en manque d'amour. Car tout est là. Car tout vient de là"   heu non rien de plus à rajouter
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V
Bonsoir Chris,<br /> Bon retour chez nous en dehors de l\\\'hopital. J\\\'espère que vous allez mieux.<br /> Ne me remerciez pas pour mes comms, je pense à vous.
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R
Tu sais, la nuit c\\\'est aussi le moment privilegié ou les ames s\\\'epanchent et ou les armes tombent.<br /> Dans mon service, on s\\\'emploi à faire de ce temps un instant magique, les patients dorment peu, alors on se raconte des histoires devant une tisane chaude que je rammene de chez moi, je choisi des saveurs douces et sucrées pour qu\\\'ils oublient un petit moment la douleur d\\\'etre là.<br /> Je suis tres en colere de voir que dans certains services on ne mets pas ce temps à profit, que quelques soignants se plaignent de leur condition de travail alors que les portes des chambres des malades sont ouvertes et que eux souffrent réellement.<br /> Je suis tres en colere de voir au quotidien des soignants qui baissent les bras, alors qu\\\'on peut faire d\\\'enormes choses en aimant passionnement ce qu\\\'on fait et en y mettant de la chaleur humaine.<br /> Je suis tres en colere lorsque une de mes collegues me dit qu\\\'elle ne veut pas masser de peur de s\\\'attacher au malade.<br /> Alors je resiste, et jamais rien ne me fera douter.<br /> Il faut faire ce metier avec son coeur et ses tripes et laisser ses soucis au vestiaire, je crois que c\\\'est la moindre des choses..<br /> Des bises
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C
Salut toi ! Mignon ton bisous mon abonné préféré !!! M'ci !
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