Non ?... Si.

Publié le par chris StJames

Je suis passé de patron globe-trotter à écrivain professeur. Si. De l'extérieur à l'intérieur. Pouvait pas mieux faire, j'ai fait le grand écart. Je ne m'en serais jamais cru capable. Je suis passé de l'un à l'autre, avec quelques bobos bien sûr, mais presque comme une lettre à la poste, quoique six ans entre (parenthèses) c'est pas mal comme score. ""La Vie () ", j'ai trouvé le titre de mon prochain roman, ou du précédent, que je n'écrirai peut-être jamais, d'ailleurs je crois que j'ai tout dit dessus, ici et ailleurs. Temps de passer à autre chose. J'sais pas quoi encore, j'hésite. J'ai lancé Paroles d'Ange sur la toile marchande, on verra bien, mais faut bien bouffer de ses bouquins quand on en fait son métier premier, ma vocation, ma vie, ma passion, mon métier. Oui. Que ce mot est difficile à dire lorsqu'on n'est pas reconnu... Sniff, pleure l'Artiste qui veut son nom en haut de l'affiche. Pas évident, gromelle le Timide, toujours frileux dès qu'il est question d'inconnu, pas facile le secteur, faut être sacrément markétisé aujourd'hui. Quel boulot ! songe le paresseux en rêvassant, et pas de nanas hurle le petit démon tout rouge de colère ! Vivi, c'est pas évident la vie d'artiste. Mais c'est si beau, l'image est si glorieuse. Artiste c'est comme un étendard, ma bannière que je brandis haut et fier dans tous les médias possibles. Ecrivain, c'est ce que je m'affirme, pour me persuader, encore et encore, que je ne suis pas fou, que l'on n'écrit pas comme ça par pur plaisir, qu'il y a un énorme travail de recherche de ma part, l'écoute d'une voix magique dans ma tête que je veux de plus en plus pure, éloignée des tracas de la vie quotidienne, protégé, aimé, chéri. Ma belle voix. Qui va la protéger sinon moi, l'autre partie dans la matière, écorchée, souffreteuse, pleine de douleurs et de lourdes amertumes, qui a tant besoin d'amour qu'il en crève doucement, à petit feu, avec la sombre perspective d'un avenir à roulettes. Je fais en permanence le grand écart entre une passion qui me dévore tant je veux la voir vivre, pour de bon, en grand, sur écran géant, je rêve d'écrire des films, je rêve d'images réelles pour mes mots, et un quotidien sur terre où l'hôpital devient comme ma seconde maison, une fois par mois, c'est le minimum dans mon état. Je suis déchiré, heureux comme un roi, comme un soldat, comme un foouuuuu, et si petit dans mon deux-pièces cuisine... Seul, et pas capable d'être avec quelqu'un. Ouais, autant se l'avouer, il est temps que j'assume mon statut d'artiste, qui se fout de tout, tant qu'on lui fout la paix afin qu'il puisse continuer à écrire encore longtemps. Mais voilà, la matière résiste. Faut s'en occuper aussi ! Pas envie ! Argh !!!! Dualité ! J'en ai marre !!!
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Publié dans Journal intime

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