L'abandon

Publié le par chris StJames

Me voilà pris de sentiments bizarres. A l'heure où je règle ce que je crois devoir régler m'apparait l'idée d'une vie sans regrets. Qui serai-je ? Et que ferai-je lorsque j'aurai définitivement refermé le grand livre de ma mémoire ? Quand ne restera plus dans mon cerveau que la ligne bleue des Vosges et son manteau neigeux, que la vie qui bourdonne au coin d'un bon feu. Sans mes souvenirs moroses et mes reproches, sans les cruelles visions des blessures que j'ai causées, dès lors qui suis-je quant je renais libéré de mes propres chaînes ?
Devant moi, je n'ai rien que des pages et des pages d'écriture. Plus rien ne me retient, j'ai sauté mes barrières, accepté qui j'étais, que je ne suis plus, et s'ouvre l'inconnu qui me tend les bras. A l'ombre de mon passé, je ne voyais pas les cieux.
Sous les branches basses, mon jour était obscurci de toutes mes peines souveraines, de ces morts qui jamais ne me quittent, de ces trahisons qu'à jamais j'inflige.
Tourner la page n'est pas chose aisée, on s'accroche à ce que l'on a été comme la misère sur le peuple et l'on se sent bien vide lorsque les cris se taisent au fond de son coeur. L'abandon est un chemin incroyable.
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Publié dans Journal intime

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