J'ai rendez-vous avec la psy...
C'est tout un programme... Ca commence tôt un rendez-vous avec la psy. En général j'y pense des jours avant de le prendre, de longues heures entre les deux, et tout le temps le jour-même. D'abord faut que je me défasse de l'idée qu'elle va farfouiller dans ma tête, pour m'aider à passer un cap que j'avoue difficile : le bénéfice inconscient, quoique, de la maladie. C'est une étape extrêmement importante dans la vie d'un malade. Se cachent en effet sous la maladie de nombreuses causes psychologiques, refoulements, peurs paniques, qu'il faut oser aller voir, où la maladie a du bon comme soupape avant le grand clash. La Sep rigidifie le corps, le bloque, stop, le malade s'installe dedans avec tous les désagréments que ça comporte, son univers qui rétrécit, le pardon dans la souffrance en quelque sorte, et tous les avantages qu'il se cache à lui-même pour éviter d'avoir honte, de se rendre encore plus coupable, de ne plus se comprendre, d'avoir trop mal en découvrant ce qui était refoulé, exprès, et qu'il expurge dans ses maux, heureusement. Mais c'est pas lui, c'est son corps ! Il m'est souvent arrivé de demander à mes compagnons d'infortune s'il ne s'était jamais demandé si la Sep ne venait pas d'abord d'eux-même, je n'en ai entendu aucun l'accepter, ne serait-ce pour certains de l'entendre. C'est pas un truc facile de se dire qu'on est responsable à 100% de toute sa vie, surtout quand ça va mal. Le corps est un bon viatique pour exprimer les blessures les plus profondes de l'individu qui "attrape" une maladie, du rhume de cerveau au cancer généralisé. Ceci est l'axe de mon bouquin sur la maladie, et vue de l'intérieur en plus, d'où le titre "De l'intérieur". Car on peut tout écrire sur la maladie et les façons les plus abracadabrantes de guérir, quand on ne la vit pas c'est plus facile, si facile allais-je écrire, mais je ne peux pas ne pas rendre hommage à bon nombre d'entre eux qui ont tout compris, Lise Bourbeau par exemple qui est la plus claire du lot à ce sujet. Un rendez-vous chez la psy ça m'évoque tout ça. Tout est dans la tête disait l'autre, j'en suis convaincu et je rajouterai : tout est une question d'amour, c'est simple comme bonjour.
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