Pas beau la gare !
Aux abords de la gare, je pourrais écrire les feux des voitures, les coups de frein qui illuminent la chaussée, ou les moteurs qui vrombissent de bonheur sur la route qui les ramènent à la maison, il y a tant de façons d'écrire une ville la nuit. Si je veux, je peux plisser les yeux et raconter toutes les étoiles, il y en a des vertes, non oranges, ha maintenant rouges, et celles des lampadaires qui éclairent chichement la voie dans un halo jaune sale à foutre le cafard. Je pourrais aussi évoquer ce clair-obscur indéfinissable qui confond à un moment fugace le ciel avec la couleur du bitume à croire que l'on pourrait s'envoler dans les étoiles. Il y a aussi les gouttes d'eau qui s'écrasent sur ma carosserie et me rappellent de drôles de nuits sous la tente en plein orage... Je pourrais évoquer la fin de la journée, la solitude des conducteurs dans leurs habitacles futuristes, les avertisseurs agacés de fin de journée laborieuse, les pointes de vitesse pour arriver à l'heure pour la soupe. Mais je ne pourrais pas parler des piétons qui passent, car personne ne marche aux abords de la gare à cette heure là. Et me voilà revenu au début. Tiens ? Je n'ai même pas pensé à écrire le mur aveugle et sale de la gare Saint Charles.
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