Les médecins en parlent
Histoire de la Psychosomatique, par Hanna Kamieniecki, Editions Que sais-je ?, 1994 : " En 1920, Groddeck, qui devient membre de l'Association psychanalytique de Berlin, dédramatise la maladie. C'est une création du Ca, elle poursuit un but. A un niveau profond, elle constitue un moindre mal, un évitement de quelques " maux " bien plus terribles. Le premier acte du médecin doit être de rechercher les raisons de cette nécessité pour mettre en place son arsenal thérapeutique. Il n'existe pas de maladies organiques pas plus que de maladies psychiques, car " corps et âme " tombent malades simultanément. L'expression psychosomatique renvoie non à un état mais à une essence, celle de l'être humain. Aussi, écrit-il : " Les maladies sont des manifestations de la vie et même le savant le plus fêté ignore tout de la façon dont elles naissent et disparaissent. "
Peut-être une des raisons de conseiller aux sclérosés d'aller faire un petit tour à Lourdes… La foi fait des miracles que la raison matérialiste ignore. Pour bien me convaincre, encore, que je ne peux pas guérir mon corps sans guérir mon esprit, et que c'est même par ce dernier que je dois commencer, allant ainsi à l'inverse des présupposés scientistes de notre médecine qui soigne les symptômes (les effets) et non la cause (l'origine), j'ai trouvé ces textes qui m'ont bien parlé :
Pour Sandor Ferenczi (1873-1933), médecin et psychanalyste hongrois, en 1926 dans "Les névroses d'organes et leur traitement" : " L'avenir verra se répandre le traitement psychanalytique des maladies organiques, parfaitement compatible avec le traitement classique toujours nécessaire. "
Pour Pierre Marty (1918-1993), fondateur, médecin-chef puis directeur scientifique de l'Ecole de psychosomatique de Paris : " Lorsque les représentations sont génératrices d'angoisse ou de déplaisir, elles peuvent être soit refoulées soit réprimées, mais quel que soit leur sort, les excitations pulsionnelles qui les ont provoquées persistent dans l'Inconscient et peuvent à toutes occasions se manifester sous forme de symptômes psychiques, par des comportements, ou encore être le départ de somatisations. "
Pour Christophe Dejours, médecin et psychanalyste, ancien psychiatre des hôpitaux, professeur de psychologie au Conservatoire national des arts et métiers et psychosomaticien à l'IPSO (Institut de Psychosomatique Pierre Marty) : " Si une psychothérapie peut venir à bout d'un asthme cortico-dépendant ou d'une recto-colite sans plus aucun recours aux médicaments, si l'effet placebo existe en médecine et même dans les cas très graves […], il faut bien admettre qu'il se joue quelque chose entre le psychique et le biologique dont on ne sait pas encore rendre compte. "
Et, selon D.Winnicott dans "Les aspects positifs et négatifs de la maladie" : " La maladie est le négatif d'un positif, l'aspect positif étant la tendance primordiale à l'intégration, à la personnalisation, la tendance héréditaire de chaque individu à réaliser une unité de la psychée et du soma fondée sur l'expérience vécue. "