Entre-deux

Publié le par chris StJames, BO Chimène Badi

C'est la fin de la journée, une d'été sous notre radieux soleil du sud. C'est vrai que je l'aime la chaleur qu'on vit ici. Il fait bon toute l'année, la mer est à côté, et les montagnes pas très loin. La Canebière est désormais décorée de jolies femmes de plus en plus court vêtues, qui croisent ceux qui sont partis tôt dans la fraîcheur du matin avec leurs pulls et leurs blousons. J'aime bien ce moment où se mélangent le printemps et l'été et où l'on ne sait plus comment s'habiller, ou se déshabiller. Va-t-il faire chaud ? Va-t-il faire froid ?... Qu'est-ce que j'ai entre les deux ?... S'il fait chaud un T-shirt suffit mais aux aurores certainement pas. Cela peut même devenir un casse-tête, en tout cas en ce qui me concerne car je déteste me déshabiller en cours de journée et avoir à porter sur le bras mon vêtement de trop. Depuis tout petit j'suis comme ça. J'aime pas ça. Et je suis pas le seul parce qu'il fait vraiment un temps à porter un T-shirt plutôt qu'un pull à col roulé sous un blouson en daim, votre serviteur et bien d'autres. J'suis parti trop tôt, et j'ai même pas regardé par la fenêtre le temps qu'il faisait. J'ai vite compris mon erreur mais hors de question que j'enlève quoi que ce soit. J'ai donc transpiré d'un bout à l'autre de ma journée dehors. Et j'suis pas le seul, ce qui m'a rassuré.
C'est l'entre-deux saisons, profitons-en dirait l'autre, comme ce moment étrange où le jour et nuit fusionnent au crépuscule, ni l'un ni l'autre et les deux à la fois. J'éprouve souvent de la tristesse quand passe une saison. Je m'étais installé dans le printemps que j'adore. C'est le renouveau de la nature, la sève monte, la graine lève. Les oiseaux font cui-cui partout, l'abeille montre sa trompe, les enfants crient plus forts pendant les récréations. La nature sort de son sommeil. Elle mûrira tout l'été pour se rendormir quand la bise reviendra, sauf contrordre. Tel est l'ordre des choses. Aujourd'hui est une journée entre deux saisons, l'été au printemps. Va vite falloir que je fasse les magasins, y a plus qu'mes pulls qui sont potables.


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Publié dans Journal intime

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