Tropique au compteur

Publié le par chris StJames

A deux pas de l'équateur, j'écris caressé par le souffle des alizés. Pour un peu je me prendrais pour Hemingway... Il est neuf heures à Kourou. De drôles d'oiseaux chantent de drôles d'air. Le soleil s'est levé à sept heures pétantes et se recouchera à dix-neuf heures pétantes. C'est toute l'année comme ça, à tel point que les métros en perdent la notion des saisons qui nous aident sur le vieux continent à dater les évènements de nos vies. Ici janvier est comme juillet et en avril pas de renouveau, la nature est magnificente d'un bout à l'autre de l'année.
J'entends le souffle du vent dans les palmes des cocotiers qui se balancent comme les anémones de mer dans le flux et le reflux de ma si chère Méditerranée, la seule digne d'intérêt à mes yeux. Je suis allé faire un tour sur la plage. En raison des pluies, l'océan est couleur de boue, rien à voir avec le turquoise de nos rivages du sud. Mais quelle grandeur et quelle force en émanent !... Au loin l'île du Diable où Dreyfus passa ses derniers jours se dressait menaçante au-dessus d'un océan bien nerveux. Aujourd'hui elle est interdite d'accès en raison du nombre d'accidents mortels sur les écueils qui la protègent. Je ne crois pas que le nom fut choisi par hasard... Il y a toujours un fond de vérité dans les contes et légendes. a
Qu'écrit-on sous les alizés ? Est-ce que la plume s'envole plus vite ? Sera-t-elle tropicale ? Je verrai bien.

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Publié dans Journal intime

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E
J'en connais qui s'est payé une belle tranche de soleil !
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