Autour de l'hôpital.

Publié le par chris StJames

Au coin de la rue qui mène au cimetière, le côté pratique de l'aménagement urbain, il y a Les Pompes Funèbres Economiques, les "prix les plus bas du marché", "permanence 7 jours sur 7, fermé, z'ont du faire trop bas. Faut pas mourir dans le coin ce week-end quand on n'a pas un sou. Quelques troquets rapides, genre pizzas à livrer, pan-bagnat à manger sur le zinc, avant la sortie du bloc ou entre deux pansements. Au-dessus planent les mouettes rieuses. On sait jamais, s'il reste des bouts de viande dans les poubelles sanitaires, ça sera pas de refus. Détail anachronique, la rue qui mène à la caserne des pompiers, on se croirait dans Sim's City, est bordée de palmiers exotiques. Ca donne un côté tropical aux portes de la souffrance, comme si on pouvait jouer de la calypso au cimetière. D'où je suis, je ne vois pas bien le reste de l'avenue au bord de laquelle je dîne d'un sandwich-merguez-harissa, j'adôôôre, avant de me retirer du monde des vivants. De mémoire, je sais qu'il y a une boulangerie, un ou deux bistrots, et une succession inquiétante de commerces funéraires qui annoncent tous des rabais. La mort est en soldes, ou alors ils déstockent. Ou alors y a pas un chat, c'est mort. C'est vrai qu'il n'y a pas grand monde. L'hôpital m'a semblé plus vide que d'habitude, pas de clients aux admissions, pas d'ambulances ni de pimpoms. Allez ! J'y r'tourne ! De toute façon, je ne peux pas faire autrement.
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