Demain...
J'suis allé me servir un verre de rosé, comme mon cousin qu'est là-haut tout perché au 19ème étage d'une tour infernale par temps de gros mistral, le sang plein d'alcool et l'âme qui cherche désespérément son paradis, quels que soient leurs artifices. Mais ça va m'aider.
Demain je suis perfusé. Encore. Pour pas grand chose puisque ça ne guérit pas, ça maintient à peine le peu de forces qu'il reste à mes jambes.
J'ai mal à la nuque, j'ai mal aux bras, à la tête, mes idées sont confuses et j'ai le moral à plat. Et ça rime. Ca m'a pris y a six ans déjà de penser en vers. J'ai écrit deux carnets entiers rien qu'en vers et je me suis forcé à ne plus le faire. Le rêve danse et A titre posthume, ainsi que le Livre 2 que personne ne lira jamais, furent écrits en vers. Au moins quelque chose que mes survivants n'auront pas besoin d'imaginer, c'est dit.
Demain j'aurai mal dans mes veines, puis ma gorge se serrera, mon coeur tapera à toute vitesse et en fin de journée je serai excité comme un résident de Ste Anne, les fous de chez nous. Samedi, je serai couché, malade comme un chien mais enfin libéré de la triste seringue qui aura déversé son acide dans mon sang que l'on aura pris soin de laver à grandes eaux distillées afin qu'il ne brule pas.
Souvent je me demande pourquoi je m'inflige tout ça... Car il n'y a nul autre responsable que moi-même. Responsable mais pas coupable.
Dans ma tête ça cogne, et c'est pas près de s'arrêter. J'ai pas encore mangé, j'ai de moins en moins faim. On dirait que je m'allège, comme si j'allais m'envoler. Je n'ai fait aucune course, je n'en ferai pas. Ma maison est toute propre, libérée de la télé, mes affaires rangées comme un homme seul sait le faire.
Demain matin je prendrai une douche, celle que l'on appelle "au cas où". A force de cotoyer la souffrance et la mort, j'ai fini par m'y faire, je suis bien mortel. D'ailleurs mon corps m'abandonne déjà, et mon esprit ne tardera pas à suivre, c'est prévu, c'est ainsi, on y a tous droit.
Dieu faites que ce soit sans souffrances. Et protégez-moi de mes démons intimes...
Demain je suis perfusé. Encore. Pour pas grand chose puisque ça ne guérit pas, ça maintient à peine le peu de forces qu'il reste à mes jambes.
J'ai mal à la nuque, j'ai mal aux bras, à la tête, mes idées sont confuses et j'ai le moral à plat. Et ça rime. Ca m'a pris y a six ans déjà de penser en vers. J'ai écrit deux carnets entiers rien qu'en vers et je me suis forcé à ne plus le faire. Le rêve danse et A titre posthume, ainsi que le Livre 2 que personne ne lira jamais, furent écrits en vers. Au moins quelque chose que mes survivants n'auront pas besoin d'imaginer, c'est dit.
Demain j'aurai mal dans mes veines, puis ma gorge se serrera, mon coeur tapera à toute vitesse et en fin de journée je serai excité comme un résident de Ste Anne, les fous de chez nous. Samedi, je serai couché, malade comme un chien mais enfin libéré de la triste seringue qui aura déversé son acide dans mon sang que l'on aura pris soin de laver à grandes eaux distillées afin qu'il ne brule pas.
Souvent je me demande pourquoi je m'inflige tout ça... Car il n'y a nul autre responsable que moi-même. Responsable mais pas coupable.
Dans ma tête ça cogne, et c'est pas près de s'arrêter. J'ai pas encore mangé, j'ai de moins en moins faim. On dirait que je m'allège, comme si j'allais m'envoler. Je n'ai fait aucune course, je n'en ferai pas. Ma maison est toute propre, libérée de la télé, mes affaires rangées comme un homme seul sait le faire.
Demain matin je prendrai une douche, celle que l'on appelle "au cas où". A force de cotoyer la souffrance et la mort, j'ai fini par m'y faire, je suis bien mortel. D'ailleurs mon corps m'abandonne déjà, et mon esprit ne tardera pas à suivre, c'est prévu, c'est ainsi, on y a tous droit.
Dieu faites que ce soit sans souffrances. Et protégez-moi de mes démons intimes...
Publicité