Coléoptères émetteurs

Publié le par chris StJames

Le problème de la cortisone c'est que c'est un puissant excitant. J'ai actuellement dans le buffet deux pilules de Valériane, mon côté fleur bleue, et un gentil somnifère qu'on trouve sans ordonnance, donc hyper cool. Et malgré ça, j'ai les yeux ouverts comme si j'avais déjà fait toute ma nuit. Mais bon... Ca me laisse le temps de penser.
Là, par exemple, ça fait le deuxième scarabée que je trouve chez moi. Le premier j'ai réussi, je crois, à moins que ce soit lui qui se soit faufilé parce qu'il lui ressemble comme deux gouttes d'eau. Remarque qu'est ce qui ressemble plus à un scarabée qu'un autre scarabée ? Je passe.
Me souvenant de l'expérience qu'avait vécu Carl Gustav Jung et qui lui a permis d'échafauder sa théorie sur la synchronicité, cherche c'est dans mon bordel, ou alors à "apprends", enfin c'est quelque part, j'ai donc commencé à réfléchir sur la signification de la présence de ces petites bêtes hautement vénérées dans l'Egypte Antique, dont la principale occupation est de rouler des boules de bouses dans laquelle elles déposent leur semence, comme si elles, ils en fait, il n'y aurait que des mâles, poussaient le soleil. C'est d'ailleurs ce qui a interpellé les égyptiens, dont Plutarque qui s'est pris la tête un long moment sur le sujet, aussi observateur que Jung en arrêt devant sa fenêtre qu'escaladait un scarabée bleu au moment où sa patiente parlait d'un... scarabée bleu, et que moi, en tant fidèle adepte du génie qu'il était et demeure dans ses livres.
J'ai donc aussitôt plongé comme un grand fou à la recherche de sens, c'est à dire ouvert mon dictionnaire des symboles, pour y lire : symbole d'auto-engendrement, de régénération, protection magique, symbole de la résurrection et emblème de ce qui s'engendre à soi-même, processus intérieur grâce auquel le méditant taoïste fait éclore la lumière au centre de lui-même... Ca m'a bien plu.
Mais une telle analyse ne peut s'arrêter là. J'ai des pistes mais aucune véritable compréhension du message que m'apporte le petit scarabée, deux en plus, qui se soutiennent au cas où j'aurai pas compris qu'il se passe quelque chose.
Alors qu'ai-je fait, commencé peut-être, qui aurait décidé de leur venue ? Que sont venus me dire, ou appuyer, comme un coup de pouce, un petit signe du destin, ces deux scarabées noirs symboles de résurrection ?
J'ai toujours ma seringue dans le bras. Même pas mal. J'suis bourré de cortisone, je me soigne. J'ai plus les mêmes sensations dans la jambe, on dirait que ça se calme déjà. Mais je n'ose pas trop marcher pour ne pas être déçu. En tout cas je me soigne. Régénération.
J'ai acheté aujourd'hui, ce soir même, mon espace à deviantART, une communauté d'artistes émergents qui m'a conquis, où je fais de splendides rencontres avec des photographes de grand talent. Je baigne dans le talent, je nage dedans comme un petit poisson. Je les mets en exergue dans mon blog photo Univers d'Artistes où je les interviewe, en américain. Je travaille en deux langues, je traduis mes propres textes, des chansons que j'aime, au besoin leurs textes quand ils sont photographes français. Je fais éclore leur lumière, et la mienne, forcément, par la même occasion. J'adore tant les artistes.
J'ai rangé ma maison, enlevé la télé, je choisis ce qui va abreuver mon intellect, et mon âme. Chez moi n'est plus qu'un atelier d'écriture, enfin. Je ne me laisse plus aveugler par les néons des manèges et je ne tombe plus dans leurs pièges. Protection magique...
Et tout vient de moi, s'auto-engendre, comme pour chacun d'entre nous. Jusqu'à ces deux petits scarabées dont j'avais besoin pour écrire ce texte et noter une fois pour toute qu'après la traduction du symbole en langage clair, il s'agit de s'arrêter et de faire le point sur ce qu'il se passe dans sa vie afin d'en tirer, éventuellement, des conclusions positives, toujours. Le contraire ne serait que le fruit de la peur, toujours mauvaise conseillère et arme de nos démons intimes.
Alors la conclusion ? Parce que si tu m'as lu jusqu'ici, tu as pu constater que je ne l'avais pas encore faite.
Je me soigne, j'achète mon espace d'art, je promouvoie des artistes, je les fédère, les enlumine, comme un bon galériste doit le faire, je retrouve mes mots, et perd au passage, croisons les doigts, une très lourde dépendance. Je me lance enfin dans la traduction de mes textes, persuadé quelque part pour l'avoir vécu qu'il est plus facile de s'imposer artiste de l'autre côté de l'océan qu'en France, nul n'est prophète en son pays. Ici même mes amis intimes ne me lisent pas quand tant d'inconnus le font de toute la planète, snif...
Alors la conclusion, c'est que les scarabées sont venus me dire que je suis sur la bonne voie. Et de la salle-de-bain, je l'entends me crisser : "Vas-y chris, c'est tout bon !".






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Publié dans Dans les étoiles

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C
Comme ils sont bons tes grains de sel !!! Viens avec nous, tu as ta place au grand banquet ! La preuve, t'as déjà le costume.
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G
Chris, je vais faire le moins de bruit possible, pour ne pas effrayer ton scarabé, et surtout savourer ton dialogue avec Philippe. Quand deux artistes se rencontrent ont ne peut qu'apprécier ce banquet dyonisiaque...! Je repars dans ma gondole, et Venise me convenant parfaitement surtout après avoir chaussé les "godillots" de Van Gogh, je me laisse bercer en attendant la suite. Allez, tous les deux, j'en reprendrai bien une autre tranche pour la route...!
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C
Et oui, élémentaire. Nos passions communes l'indiquent. Oui il y a une urgence. D'abord parce que je ne pourrai pas tout écrire, même en cent ans, même en mille ans, je n'aurai pas le temps de tout faire, de tout voir. Alors oui, ça urge un peu. Et d'autant plus quand mon corps fait des siennes... Tu as noté mon désir d'essentiel, donc d'art, de nourriture de l'âme loin des fioritures délétères d'un monde qui se meurt par manque d'amour. C'est dans les arts que je trouve tout l'amour nécessaire à ma vie ici-bas, qui sera courte, mais que je veux remplie. Mais, dis-donc l'écrivain, peut-on écrire et être différent ? Etre artiste passe par d'abord par un grand déshabillage, nu comme au premier jour, loin des conflits et des gloires, à cheval entre deux mondes, sans parfois ne plus savoir quel est celui où l'on vit réellement, imaginaire ou réalité... Tiraillé, dérangé, entre la normalité et l'appel de la vocation, toujours écartelé entre le quotidien et l'oeuvre qui déborde.Ta métaphore venisienne est magnifique ! Et Van Gogh !!!Je n'ai pas trouvé tes lignes curieuses et je te laisse imaginer le bonheur de recevoir un tel feedback. C'est un regard de premier lecteur qui me plait à donf !!!
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P
C'est curieux Chris, quand je lis tes lignes, je sens comme une urgence, comme s'il fallait se dépécher de vivre et de jouir de l'essentiel avant de disparaître. Il y a quelque chose d'intègre, de grave dans tes propos. En même temps, le ton de tes mots est jouisseur, comme un appétit de vivre des choses fortes débarrassées de l'inutile, du superflu qui distrait, endort, dissimule. Tu as un désir de vie au travers de la création, de l'admiration des arts, un appétit de beauté pour transcender des jours gris malgré le back ground du monde qui se meurt. <br /> Une ambiance vénitienne, la ville s'enfonce dans des sables mais sa beauté se renforce, est-ce cela la décadence esthétique qui magnifie ce qui nous entoure ? Je pense aux godasses peintes par Van Gogh, je ne sais pas pourquoi. Comme je ne sais pas pourquoi j'écris ces lignes que tu trouvras curieuses sans doute. Peut-être même que je me trompe complètement.<br /> Mais en parlant de toi, je parle de moi forcément. Elémentaire, je sais. <br /> Philtre / Philippe
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