Journal intime - Tout s'efface
Aurai-je écrit mes derniers mots ? Cette question est tenace. Avant que je parte, seront-ils tous en ordre ?... Comme à la parade, tous bien alignés pour un bel hommage à titre posthume, j'aime l'humour de la destinée.
Souvent je regarde le soleil comme si cétait la dernière fois, pas encore la première, et la seule chose qui me vient à l'esprit, non sans une larme à l'oeil, est : j'avais tant à écrire encore. Mais je sais bien que pourrais écrire toute mon éternité, jamais je n'aurai le temps.
Alors dérivant sur le le texte que je laisserai à lire au jour de mon dernier jour avant la mise en bière, une pression bien fraîche s'il vous plait, j'essaie de croire que j'aurais écrit ce qu'il faut, comme il le fallait, parce que tout est ainsi, et ainsi soit-il clôt le prêtre que j'avais pourtant interdit. L'opinon des morts est bien légère au pays des vivants.
J'essaie de me convaincre, bien sûr... Je me prépare...
La musique ? C'est fait. "Come what may", j'adore Moulin Rouge et son poète Christian. Je peux rayer. Je m'y vois déjà... Pendant que mon cercueil en bois exotique, leur dernière fantaisie que je n'attendais pas, sort de l'église malheureusement bondée. Est-ce qu'ils capteront le message ? Pas le dixième qui parle anglais. Faudrait peut-être que je traduise. Je note :
"Traduire Come what may" pour ceux qu'ont loupé un train.
L'église ? Je m'en fous. Et à la limite pas d'église me ferait plaisir. Quand on voit le message et ses messagers, j'préfère encore être enterré pépère et qu'ils m'oublient. Le mieux, ça serait tout en plein air, comme un grand pique-nique américain, avec les saucisses, pourquoi pas ?, et le méchoui, ho oui ! J'aimerais qu'on danse à mes funérailles, qu'on célèbre la vie. Sans cureton, grenouilles de bénitiers, diacres ou badauds de la foi qui nous font chier depuis des siècles et des siècles.
Alors pas d'église, pas de curé... Les fleurs ? Aucune. Elles sont si belles dans leurs champs. Je n'ai jamais aimé tuer quoi que ce soit et ce n'est pas mort que je vais commencer. Par un carnage. Les fleurs sont vivantes. Sur leurs tiges, elles s'agitent au gré du vent sans jamais chercher à lui résister. Elles s'ouvrent au soleil et dorment quand la lune prend son quart. J'ai trop de respect pour qu'elles finissent fanées autour de ma tombe, où je ne serai certainement pas, dans des vases que des imbéciles voleront, après avoir pissé sur ma sépulture. Donc pas de fleurs coupées, et surtout pas en plastique, il leur faudrait 1000 ans pour se dégrader.
Ce sera un enterrement sobre.
D'ailleurs cela m'amène à mon cercueil. Mon dernier (petit) lit. J'en veux un bon marché, qui rappelle mon éphémère, juste quatre planches et quelques clous, aucune fioriture, les dorures ne rassurent que les vivants. Pas de capitonnage, mon dieu pourquoi faire ?, ni de coussin. Et si je pouvais être enterré à même la terre, je crois que j'apprécierais à sa juste valeur ce retour naturel à l'ordre des choses. Mon corps nourrira les vivants, comme le pain du Christ. Mes atomes s'éparpilleront pour entrer dans d'autres structures, la vie se poursuivra à travers mon corps qui disparait. Et pis, ça ferait faire de sacrés économies.
Je récapitule : pas de messe, pas d'église, pas de curé, pas d'oraison funèbre, pas de cercueil, pas de fleurs, juste un linceul blanc qui ne le restera pas très longtemps. Juste un dernier texte et la chanson qui m'emportera.
Mais quel texte ?...
Souvent je regarde le soleil comme si cétait la dernière fois, pas encore la première, et la seule chose qui me vient à l'esprit, non sans une larme à l'oeil, est : j'avais tant à écrire encore. Mais je sais bien que pourrais écrire toute mon éternité, jamais je n'aurai le temps.
Alors dérivant sur le le texte que je laisserai à lire au jour de mon dernier jour avant la mise en bière, une pression bien fraîche s'il vous plait, j'essaie de croire que j'aurais écrit ce qu'il faut, comme il le fallait, parce que tout est ainsi, et ainsi soit-il clôt le prêtre que j'avais pourtant interdit. L'opinon des morts est bien légère au pays des vivants.
J'essaie de me convaincre, bien sûr... Je me prépare...
La musique ? C'est fait. "Come what may", j'adore Moulin Rouge et son poète Christian. Je peux rayer. Je m'y vois déjà... Pendant que mon cercueil en bois exotique, leur dernière fantaisie que je n'attendais pas, sort de l'église malheureusement bondée. Est-ce qu'ils capteront le message ? Pas le dixième qui parle anglais. Faudrait peut-être que je traduise. Je note :
"Traduire Come what may" pour ceux qu'ont loupé un train.
L'église ? Je m'en fous. Et à la limite pas d'église me ferait plaisir. Quand on voit le message et ses messagers, j'préfère encore être enterré pépère et qu'ils m'oublient. Le mieux, ça serait tout en plein air, comme un grand pique-nique américain, avec les saucisses, pourquoi pas ?, et le méchoui, ho oui ! J'aimerais qu'on danse à mes funérailles, qu'on célèbre la vie. Sans cureton, grenouilles de bénitiers, diacres ou badauds de la foi qui nous font chier depuis des siècles et des siècles.
Alors pas d'église, pas de curé... Les fleurs ? Aucune. Elles sont si belles dans leurs champs. Je n'ai jamais aimé tuer quoi que ce soit et ce n'est pas mort que je vais commencer. Par un carnage. Les fleurs sont vivantes. Sur leurs tiges, elles s'agitent au gré du vent sans jamais chercher à lui résister. Elles s'ouvrent au soleil et dorment quand la lune prend son quart. J'ai trop de respect pour qu'elles finissent fanées autour de ma tombe, où je ne serai certainement pas, dans des vases que des imbéciles voleront, après avoir pissé sur ma sépulture. Donc pas de fleurs coupées, et surtout pas en plastique, il leur faudrait 1000 ans pour se dégrader.
Ce sera un enterrement sobre.
D'ailleurs cela m'amène à mon cercueil. Mon dernier (petit) lit. J'en veux un bon marché, qui rappelle mon éphémère, juste quatre planches et quelques clous, aucune fioriture, les dorures ne rassurent que les vivants. Pas de capitonnage, mon dieu pourquoi faire ?, ni de coussin. Et si je pouvais être enterré à même la terre, je crois que j'apprécierais à sa juste valeur ce retour naturel à l'ordre des choses. Mon corps nourrira les vivants, comme le pain du Christ. Mes atomes s'éparpilleront pour entrer dans d'autres structures, la vie se poursuivra à travers mon corps qui disparait. Et pis, ça ferait faire de sacrés économies.
Je récapitule : pas de messe, pas d'église, pas de curé, pas d'oraison funèbre, pas de cercueil, pas de fleurs, juste un linceul blanc qui ne le restera pas très longtemps. Juste un dernier texte et la chanson qui m'emportera.
Mais quel texte ?...
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