Journal intime - Tout dire avant...
Ta chambre était blanche. De cette blancheur immaculée qui annonce celle du linceul qui recouvrira bientôt l'être tant aimé...
De tes bras et de ton nez sortaient des tuyaux dont je ne connaissais pas encore l'utilité : te maintenir en vie, encore un peu, jusqu'au bout... Mais de quoi ? Quelle autre alternative avais-tu que de nous quitter ? Ton heure était arrivée, plus le temps de te retourner, même plus celui de dire les derniers mots qui devaient tourner dans ta tête en dépit des produits censés apaiser ta douleur et calmer ta peur.
Tes yeux étaient déjà fermés, et ton souffle se faisait de plus en plus court.
Je me suis approché de toi, je t'ai pris la main en sachant que ce serait la dernière fois que je ressentirai la chaleur de ton corps. Et j'ai murmuré à ton oreille comme si je priais :
" Vas-y mon Papa, vas-y, n'aie pas peur de ce qui t'attend... L'heure est arrivée de ton grand voyage. Pars heureux, laisse ici tes culpabilités. N'aie ni remords ni regrets. Pardonne-moi comme je te pardonne de ne pas avoir su te dire combien je t'aime tant qu'il en était encore temps. Tu sais, mon Papa qui s'en va voir les anges, tout ce qui nous est arrivé le devait et je ne regrette rien de ce temps qui nous a été donné. Oui, je vais te pleurer des années durant, oui jamais tu ne me quitteras, et jamais je n'oublierai qui tu fus et tout ce que tu as fait pour remplir au mieux le rôle que tu croyais le tien. Alors vas-y. Je suis là. Pour toi. Oui, je vais t'accompagner jusqu'au bout... Oui Papa... Jusqu'au bout..."
Une dernière fois sa main a serré la mienne. Une dernière fois ses yeux se sont ouverts. J'ai cru voir une larme couler. La toute dernière.
Peu de temps après son coeur cessait de battre... et sa main s'affaissait dans la mienne. Nous passames ainsi un long moment, suspendus dans le temps tandis que s'envolait son âme, avant que l'on m'entraîne dans le couloir pour que s'affairent les infirmières autour de ce que l'on appelait déjà sa "dépouille".

Ainsi le temps est venu ?
J'étais et ne serai plus.
Elle est là, je l'entends,
Elle tape à ma fenêtre :
" Prépare-toi, je t'attends."
Sans cesse elle le répète.
" Mais je n'ai pas fini ! Il m'en faut encore !"
"Jamais tu ne finiras, ainsi tu es fait...
C'est une autre matière que je viens te proposer."
" Mais je n'ai pas fait le tour de la mienne ! Laisse-moi, va-t-en !"
"Je ne le peux pas car tu l'as choisi.
Même si tu ne le sais pas, tu m'as appelée."
" Comment l'aurais-je fait quand tout m'en empêche ?"
" Et pourtant je suis là.
Allez ! Prends ma main, il est l'heure."
" Est-elle froide ?"
" Tu es encore un enfant..."
" Alors chaude ?"
" Pense à la main de ton meilleur ami et tu le sauras."
J'étais et ne serai plus.
Elle est là, je l'entends,
Elle tape à ma fenêtre :
" Prépare-toi, je t'attends."
Sans cesse elle le répète.
" Mais je n'ai pas fini ! Il m'en faut encore !"
"Jamais tu ne finiras, ainsi tu es fait...
C'est une autre matière que je viens te proposer."
" Mais je n'ai pas fait le tour de la mienne ! Laisse-moi, va-t-en !"
"Je ne le peux pas car tu l'as choisi.
Même si tu ne le sais pas, tu m'as appelée."
" Comment l'aurais-je fait quand tout m'en empêche ?"
" Et pourtant je suis là.
Allez ! Prends ma main, il est l'heure."
" Est-elle froide ?"
" Tu es encore un enfant..."
" Alors chaude ?"
" Pense à la main de ton meilleur ami et tu le sauras."
Publicité