Journal intime - Freud serait content
Il fut un temps où je ne rêvais que de diables et de démons, d'horribles monstres ayant revêtus forme humaine, d'exs fantômes qui ne me pardonnaient toujours pas, d'abandons que je ne digérais pas. Comme Jésus traversant son désert, j'ai tout vu de la noirceur de mon âme désespérément coupable.
Puis vint le temps où je revis mon père et ma petite soeur, au coeur de nuits aussi glaciales que leurs tombeaux dont je ne pouvais sortir que le coeur brisé et l'âme en peine.
Puis un jour arriva l'oubli libérateur dans la chimie de notre médecine moderne, ces fameuses nuits vides dont rêvent éveillés tous les grands malades, comme un répit au coeur de notre propre enfer...
Mais depuis quelques temps, me viennent des rêves d'amour.
Je rêve d'une femme, presque toujours la même, qui me dit : "oui, je reviens très bientôt" en effleurant mes lèvres d'un tendre baiser mouillé, merveilleuse sensation que je croyais oubliée tant cela fait si longtemps que je n'ai embrassé personne, tant est loin le temps d'un corps près du mien... Comme si elle devait mettre sa vie en ordre avant de me re-trouver, elle me dit à-bientôt.
Que je la connaisse ou pas, et j'en doute, j'oscille comme un culbuto entre l'espoir insensé de sa prochaine venue dans ma réalité vraie, dois-je la remercier de m'en prévenir ?, et le désespoir que ses mots ne restent que du domaine du rêve, devrais-je alors la maudire d'entretenir mes illusions mélancoliques ?
En tout cas, elle "gache" ma solitude, ma princesse charmante qui me hante de ses rires, car elle aime la joie. Son amour est plein d'amitié et son souffle chaud. Elle aime jouer comme seuls les enfants savent encore le faire, genre bataille de pelochons et chatouilles à foison. Elle est brune, ses cheveux sont bouclés. Elle est tout ce que j'aime, à tel point que j'espère souvent ne plus me réveiller.
Mais tous les songes ont leur fin... Et me voilà jetant ici des mots d'amour qui n'ont que l'écho des touches sur mon clavier...
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