Journal intime - Avant de rouler...

Publié le par Chris Saint James



Le monde est tel qu'on le voit et non tel qu'il est... Qu'un rayon de soleil l'illumine et notre vie s'éclaire, qu'une pluie diluvienne le submerge et voilà qu'elle s'emplit de mélancolie. Ceci est valable pour l'humanité toute entière. Mais il existe un remède  à notre cyclothimie climatique : l'amour. 
Assis sur la terrasse du café, je contemplais l'immeuble qui dominait majestueusement la rue. J'ai longuement détaillé ses frises, cherché le rythme proposé par l'architecte, un A-B-A de toute splendeur, chaque A orné d'une magnifique porte de bois massif telle qu'on avait encore la témérité de les concevoir au début du 19ème siècle.
J'avais froid. La brise d'automne souffle déjà sur Marseille et le temps est proche où nous ouvrirons nos radiateurs. J'avais aussi froid en mon coeur, fatigué comme jamais par tous les efforts qu'il m'avait fallu pour arriver jusque là, la tête pleine de "à quoi ça sert ?". Mais, du fond de ma détresse, à la vue de cette magnifique réalisation, je n'ai pu qu'admirer l'homme de génie qui a eu le courage d'ériger un si bel édifice.
Il se dégageait de cet assemblage de pierres une telle force que j'en ai retrouvé assez pour oublier combien sont devenues rares mes randonnées à la recherche de ces oeuvres grandioses, j'aimais tant ça, assez pour me dire que la vie mérite d'être vécue, même du fond d'un fauteuil roulant.
L'amour que j'ai ressenti pour ce bâtiment tout droit sorti de l'imagination d'un architecte dont tout le monde a probablement oublié le nom depuis bien longtemps m'a entraîné bien loin de ce désespoir qui est le lot de tous les malades promus à un triste avenir.
Comme bon nombre de mes textes, à l'image de la vie elle-même, celui-ci est dans les deux teintes, car il y a toujours du bon dans le mauvais, et vice-versa forcément. Mais la grande leçon que j'en ai retiré, une fois de plus, est toujours la même : tout est question d'amour sur notre terre, maintenant et pour des siècles et des siècles.


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Publié dans Journal intime

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L
Cher Chris...les hauts et les bas de nos jours ,tu as raison de dire que tous nous y sommes soumis - mais le vital demeure heureusement et l'admiration que tu éprouves pour ce qui est beau en est le témoignage. Je note que tu parles de Marseille - je ne veux en aucun cas être indiscrète ,mais si un jour tu voulais communiquer davantage ,je te donnerais mon msn . Je t'embrasse affectueusement - tu sais combien je suis heureuse de te lire  :-))
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