Innocence
Je regardais la ville de mon dix-huitième étage, site temporaire de mes errances terrestres. Je me suis dit qu'il devait y avoir en bas des gens heureux, ignorants, innocents, en train de faire la vaisselle tout en écoutant les rires de leurs enfants, ou de s'aimer dans la douceur d'une chambre tapissée de roses. Une phrase m'est venue aussitôt à l'esprit, reste encore inamovible de mon éducation chrétienne : "heureux les innocents car ils ont les mains pleines", ou quelque chose d'approchant... Sortis de leur contexte pseudo-religieux, de leur utilisation pour mieux asservir les foules (Catholicisme et Mensonges), je trouve ces mots justes : heureux celui qui ne sait pas, car il ne peut rien craindre, ne se pose pas de questions, les noires qui me tournent dans la tête quand je vois où en est mon monde et le peu que j'ai fait pour l'aider à guérir. A ce stade de mes réflexions, les yeux pleins des lumières de la ville, le regard désespérément attiré par la Vierge illuminée, j'ai envié tous ceux qui ne savent pas à quel point Gaïa est malade de l'homme... Triste constat, j'en suis un ("Je suis l'homme")...