Autour de mon lit

Il s'en passe des trucs autour de mon lit...
De gauche à droite : Frédéric Beigbeder, "Dernier inventaire avant liquidation", sa vision des cinquante meilleures oeuvres du siècle dernier. Beaucoup d'auteurs morts, à croire que l'on n'est reconnu qu'à titre posthume. Une très belle préface qui m'a redonné du courage : " n'oublions jamais que derrière chaque page de ces monuments d'un siècle dernier se cache un être humain qui prend tous les risques. Celui qui écrit un chef-d'oeuvre ne sait pas qu'il écrit un chef-d'oeuvre. Il est aussi seul et inquiet que n'importe quel autre auteur ; il ignore qu'il figurera dans les manuels et qu'un jour on décortiquera chacune de ses phrases - c'est souvent quelqu'un de jeune et solitaire, qui travaille, souffre, nous émeut, nous fait rire, bref, nous parle "... C'est si vrai.
Il s'en passe des trucs autour de mon lit !
Le jeu de la Féminitude de Monique Grande dont j'adore les tournures, voir [Tirage] et [L'Arbre du Monde, suite]. Les cartes m'appellent, j'en tire une : l'Arbre Renversé de la Kabbale je le reconnais, il y a même toutes les couleurs des chakras. Elle porte le numéro VII, celui de l'accomplissement, du geste fini. Quelques mots d'explication me conviendraient : " utilisez votre puissance créatrice pour servir ", ..., " perte, sacrifice, don de soi, inaction, réflexion, inspiration "... En gros, me tourner vers le monde et oublier mon nombril, ça tombe bien, je me le disais il n'y a pas longtemps.
Vraiment, il se passe beaucoup de choses autour de mon lit...
Mon portable posé sur un magazine de planches à voile, je sais c'est pas mon truc mais je cherchais une jolie nana à écrire [La Fille du magazine]. Quelques papiers épars tombés de mon carnet d'écriture. A droite, la grosse lampe, le réveille mes matins, un fond de sangria au rabais, un verre d'eau et John Irving dans "Un enfant de la balle". Je n'ai pas trop accroché, je le trouve long au démarrage. Irving semble comme détaché de ses propres mots... Mais il est là, ouvert où je l'ai quitté, au cas où je change d'avis, et ce ne sera pas pour ce soir.
[Guy Carlier] ! "Splendeurs et misères du petit écran". J'adore son style et je me suis bien marré, à tel point que je l'ai relu dans la foulée et qu'il n'est pas dit que je ne recommence pas une fois posé mon stylo. Ses mots me me plaisent, ses détours m'interpellent. Ses images sont pertinentes, rudes pour les cons et si belles quand son coeur éclaire son encre. A travers une vision acérée comme je les aime, il dénonce les travers de l'une de ses grandes passions, la télé, et de notre société par contrecoup, "Qui aime bien chatie bien" ainsi débute-t-il.
Dessous, un bouquin policier, nul comme la plupart, juste des ficelles, un gentil, un gros méchant, de l'hémoglobine et la terrible bêtise humaine. Plus loin Steinbeck dans "Des souris et des hommes". Je n'ai pas encore eu le courage de le relire, pas envie de me prendre la tête. J'ai quand même dégusté la superbe préface de Joseph Kessel, pleine d'encouragement pour le style minimaliste.
Et sous l'américain mort depuis belle lurette, le bouquin d'un philosophe français encore bien vivant, Michel Onfray et son "Antimanuel de Philosophie"...
Oui, décidément il s'en passe des trucs autour de mon lit...