"Il faut", "tu dois"
Logiquement, il ne faut rien, faire tout court est beaucoup mieux. Et rien ne sert de se donner des ordres quand on les outrepasse sans cesse. Et puis d'où viennent ces "il faut" si ce n'est de ce qu'on "doit" faire, et de deux, parce qu' "on" nous a dit que c'est ainsi qu'il "fallait" le faire sur notre terre ? Et il ne 'faut" pas chercher bien loin pour savoir de qui ça vient... Bien ou mal ce qu'on fait, qui le sait quand on en sait si peu. Je ne reprendrai pas l'exemple de Galilée, pourtant le plus parlant, mais les croyances sont vraiment toutes relatives. Il y en a bien encore aujourd'hui qui croient qu'on est tout seul dans l'univers. Consternant je sais. D'autres sont persuadés que nous sommes des loups les uns pour les autres. Aberrant je reconnais, et source de bien des misères. D'autres encore ne connaissent pas la télé, Jean Pierre Foucault et le Big Deal, inimaginable, et ils ne savent probablement pas les bienfaits que procure une barre de céréales génétiquement modifiées, là, ils ratent vraiment quelque chose... Alors, bien ou mal, il "faut", je "dois", qui le sait ? Quand on en sait si peu tout en se proclamant savant. Même les plus grands accumulent les bêtises, jusqu'à ceux qui veulent cultiver la viande sur de grands chiffons rouges.
Logiquement, donc, il "faut" ne veut strictement rien dire quand il répond à notre travers de vouloir à tout prix être aimé des autres, à défaut accepté, reconnu "normal" dans le milieu où l'on prospère, tout étant relatif. Où est la normalité dans notre monde sur le déclin ?...
Oui, je sais, le mot est fort mais la profondeur pensée. Notre monde s'étiole car il n'a pas trouvé le chemin le plus court pour accomplir sa mission : créer l'âge d'or sur terre. Ca a dérapé. Et ça continue, il s'est emballé et Terre n'aime pas ça. Nonobstant les bons, les gentils, ceux qui aident leurs frères, la face obscure de l'Homme est proche de réussir. Aujourd'hui les progrès sont tels que nous sommes tous, quatre-vingt dix pour cent de la planète, à leur totale merci et finalement soumis. J'ai beau être optimiste, me forcer à y croire encore, je ne parierai pas un kopek sur l'entreprise Terre. J'ai mal d'écrire ces mots, je rêvais de beauté, de nature et de générosité. Et il "faut" que je vive dans une humanité qui se liquéfie. Quelque part, au fond de moi, je ne crois plus en l'Homme. Du coup, je ne crois plus en moi. Tous nos travers sont interminables tortures. Je ne peux pourtant me résigner à croire qu'il est dans l'ordre des choses que nous soyons si mauvais. Même si cela semble la norme vénérée quand on regarde la télé...
Tous nos il "faut" dans ce monde tordu sont bien dérisoires. Nous nous sommes bardés de lois pour mieux nous contrôler et voilà où nous en sommes arrivés. Car il y a dans toutes les têtes un juge et un coupable, une victime et un bourreau. Ainsi le spectacle qui se déroule sur notre terre n'est que la projection de nos pensées fondues dans la peur. Nous détruisons le monde, par action ou par omission, parce que nous nous détruisons... tout au moins notre côté sombre, la face obscure sans qui notre lumière n'existerait pas. A jongler avec nos opposés, nous oublions de naviguer avec. Car au bout de tous les comptes, bien et mal ne sont que les deux côtés d'une seule et même chose : toi.