Avant Jung : Freud
On ne peut passer à Jung sans avoir lu Freud. Ce n'est tout simplement pas possible. Jung fut lontemps son disciple, son fils spirituel comme ce dernier aimait à le dire avant leur rupture. Il était évident qu'ils devaient se rencontrer, et Jung ne pourrait pas me démentir, lui qui a prouvé qu'il n'y avait pas de hasards mais la synchronicité. Mais le père n' a pas supporté que son fils vole de ses propres ailes, remettant au passage en cause quelques points d'un enseignement au demeurant grandiose. Rien d'anormal jusque là, à qui n'est-ce pas arrivé ? Ils se sont quittés fachés, se reconnaissant mutuellement comme des précurseurs, mais préférant éviter des rapports qui persistaient dans le ressentiment, et ce, en dépit de leur profonde sagesse.
Freud, dont l'apport fut crucial pour la psychanalitique, qui sut le premier mettre en avant l'importance du rêve dans l'équilibre psychique du sujet, est celui qui sut poser des mots rationnels et logiques sur les plus grands mystères de la psychée humaine. En approfondissant son oeuvre jusqu'à l'individuation, la conscience totale ou le Soi, Jung est parvenu à éclairer sous un jour nouveau les fabuleuses révélations de son maître à penser. L'un est resté dans des profondeurs acceptables, l'autre est descendu en lui-même, sans corde de rappel, et a trouvé l'inconscient collectif, un univers archétypique qui fait de nous des êtres complexes au-delà de toute description. Les deux se sont parfaitement complétés, forcément, et ont ouvert des voies qui n'étaient accessibles jusque là que par la plus grande ascèse et la plus forcenée des fois mystiques. Pour moi, Jung a prouvé qu'il existe quelque chose en nous qui nous fait omniscient, omnipotent, omniprésent. Mais aurait eu besoin de plus de temps s'il n'avait pas connu Freud.
Voici donc ici un des points clés de son oeuvre : LE CA Les désirs du ça sont exclus du principe de réalité, ils méconnaissent le temps, l'espace. Les désirs les plus contradictoires coexistent en toute incohérence et sont soumis au principe de plaisir-déplaisir. LE MOI
Dynamiquement il se compose de pulsions innées : agressives ou sexuelles et de désirs refoulés. Son fonctionnement est dominé par un processus primaire où l'ordre, la logique et le raisonnement sont absents.
Il est la traduction allemande de "es", c'est la forme originelle de l'appareil psychique tel qu'il peut exister dans la période prénatale et chez le nouveau-né. Il est totalement inconscient.
Il est donc notre réservoir pulsionnel. Ses contenus sont inconscients, héréditaires et innés d'une part, et d'autre part refoulés et acquis.
Le ça revient à dire : " je ne sais pas ce qui m'a pris, ça m'a échappé, ce fut plus fort que moi."
Freud nous dit que le ça est le grand réservoir de la libido.
Traduit de l'allemand Ich est aussi appelé EGO ou JE. Il s'est constitué dans la petite enfance à partir du ça et au fur et à mesure de notre perception avec le monde extérieur, les autres.
Le moi est une partie du ça ayant subi des modifications sous l'influence directe du monde exterieur.
Il garde avec le ça la possibilité de communiquer car il n'existe pas entre le ça et le moi de séparation tranchée.
L'activité du Moi est consciente, par les processus intellectuels ou les perceptions préconscientes et inconscientes, par des mécanismes de défense.
La structure du moi est dominé par le principe de réalité (pensée objective, socialisée, rationnelle, verbale).
C'est au Moi que reviendra la défense de la personne propre, de son ajustement à l'entourage, la solution des conflits avec la réalité ou avec les désirs inconcevables. Il tente d'équilibrer entre elles les instances de la personnalité, il cherche à réduire l'angoisse provoquée par exemple par un conflit entre le Ca et le Surmoi. Il procure apaisement, satisfaction, et compromis.
Comme défendeur de la personne, il est investi de libido narcissique.
LE SURMOI Cerveau reptilien, limbique ou néocortal, hémisphère droit, hémisphère gauche, ça, moi et surmoi, l'homme est si compliqué qu'il en est divin. Fin de l'exercice, remontons dans la réalité telle que tout le monde la voit...
Traduit de l'allemand Ueberich. Au cours de l'évolution génétique une partie du Moi va se préparer et s'ériger en tant que juge, s'opposant ainsi au moi et au ça.
Il désigne ce désir de correspondre à une image modèle à laquelle le sujet aspire à se conformer pour mériter son amour narcissique, et que l'identification a rendu indissociable de l'amour parental. Freud ajoute que l'idéal du Moi peut être projeté sur une tierce personne.
Cette formation du Surmoi est contemporaine du déclin du complexe d'Oedipe et le Surmoi de l'enfant ne se forme pas à travers de l'image des parents mais à travers l'image de leurs Surmois. Freud parle alors d'identification à l'instance parentale et non d'identification aux parents. L'image d'un modèle va s'élaborer et formera un idéal que l'individu cherchera à atteindre pour mériter ainsi son amour et sa propre estime. On voit donc l'intérêt de ne pas placer trop haut l'idéal du moi.
La constitution du Surmoi se fait par intériorisation des interdits, il devient le représentant de la tradition, des jugements de valeur qui subsisteront.
Un point très important : " l'enfant pour s'aimer lui même doit remplir les conditions qui lui paraissent nécessaires pour être aimé de ses parents ".