Il pleut, je ris...

Publié le par Chris

      Il pleut… Pour certains c'est une catastrophe, pour d'autres une bénédiction. Comment ne pas pas être paradoxal quand notre nature l'est autant ?… Je vis et ne vivrai plus, je pleure et je ris… L'amour et la haine ne proviennent-ils pas du même être ? Paradoxes à foison qui souvent m'entortillent…
     Je ne veux que le beau mais dois accepter le laid, l'un et l'autre existent, Nature les a créés. Je vis dans un grand paradoxe qui me fait réfléchir… Le feu me réchauffe et peut me brûler si je tente de la main de le caresser. L'eau est mon élixir, sans elle pas de vie, et pourtant il y en a trop si je tombe d'un paquebot. Pendant que j'écris ces mots qui me parlent, d'autres reçoivent la balle qui les a trouvés, pendant que je rêve d'étoiles, d'autres éteignent les leurs. Comment ne pas être un paradoxe quand c'est des opposés qu'il tire toute sa force ? La dualité est bien mon univers…
                   
    Mais, il doit y avoir dans tout ça un vrai juste milieu, une troisième voie. Et à mon avis, son chemin commence par ma façon de voir les choses.
     … Il pleut, catastrophe ou bénédiction, je n'y peux rien du tout. C'est comme ça : il pleut. Que les pluies deviennent torrentielles par la faute de nos interventions désordonnées, je n'y peux rien non plus. C'est comme ça. Maintenant… Je ne peux que constater qu'il pleut, que c'est bon pour les champs, quand ça reste normal, que ça pourrait aller plus mal. C'est ce futur dans ma tête qui me gêne. Sans ce temps, il pleut, je le vois, risques et conséquences ne me touchent pas. Il pleut, je le constate, sale temps, je me dis que je préfère le ciel bleu, j'ai le droit, mais la Nature ne peut pas vivre sous un ciel bleu permanent, il lui faut des nuages, de l'eau comme moi pour prospérer et ravir tous mes sens. Et les nuages, c'est mieux quand ils sont gris-noir, ça marche comme ça. Il pleut, des fois un peu trop, voilà que j'y reviens, en tout cas il pleut. Ecrire au présent est-ce me répéter dix fois qu'il pleut pour me convaincre qu'il ne se passera aucune catastrophe qui me fera faire la grimace, avaler ma salive pour dénouer ma gorge, même si ça ne me concerne pas, moi je suis encore bien vivant, et au chaud…
     J'ai si mal de toutes ces images qui défilent sur nos écrans, ces Unes cimetières dans lesquelles apparaissent des millions de fantomes, à croire que sur Terre, on ne parle que de mort. Et chaque fois, j'ai mal. Pour eux. Des millions de fois j'ai eu mal de la mort de mes frères d'humanité. J'ai pas l'air comme ça, je cache bien mon jeu,, mais j'ai si mal en moi de tout ce qui nous attriste, nous irrite, assasssine notre Mozart. Tiens, voilà qu'il pleut sur ma page, aussi…
     Aux actualités télévisées, je vois des morts à la pelle, en veux-tu en voilà, ça meurt dans tous les sens et de toutes les façons possibles, ils n'hésitent même plus à nous montrer les corps des victimes, "cadavres" ils disent, je déteste ce mot… Et moi je regarde ces charniers à ciel-ouvert, me demandant à chaque seconde quel genre de mort m'est réservé ?… Souffrirai-je comme eux ? Serai-je aussi perdu, incapable de comprendre qu'ici le chemin s'arrête, refusant de mourir en pensant très fort aux miens ? Croirai-je au jour de ma mort qu'il n'était pas l'heure ?… A la télé, rares sont les personnes qui meurent dans leur lit… Et je prends et je gobe. Ici 200 000 morts, là 25 000 000 en cours, si je ne fais pas quelque chose, sinistrose. Ailleurs on meurt emprisonné dans la lave, ils étaient trop près, n'y croyaient pas, ou dans une maison en feu, le gaz oublié, et un peu partout on s'empoisonne, sans jamais penser à arrêter de polluer, pourtant on meurt plus vieux, en occident, l'agonie est lente mais le toxique fait partout son effet. On m'apprend que mon monde va au casse-pipe… Comment vivre heureux dans un tel contexte ? Qui le pourrait ? Si on regarde bien, nous vivons dans un monde d'épouvante : celui de "l'information"…
     L'actualité sur Ya hoo : "l'Atlantique entre dans sa phase cyclonique la plus intense, des produits chimiques décelés chez des nouveaux-nés et leurs mères, les dossiers peu convaincants sur le décès de Yasser Arafat, la France est confrontée à l'une des quatre ou cnq plus importante sécheresse depuis 1945, la Toile est devenue une arme privilégiée pour Al-Qaïda "… ?
     Et qu'y puis-je ? A part grimacer de douleur, parfois même espérer quitter cette terre le plus vite possible, tout est mieux que ça. A part me regarder vivre dans un bel environnement que les trois-quarts de la planète "civilisée", "normalisée", avide de possession, m'envierait. Est-ce que ça va changer les choses si je me force à regarder toutes ces morts horribles ? Si j'entends les pires histoires sur l'être humain ? Est-ce que je participe ainsi à mon monde : en pleurant sur sa fin au lieu de fêter sa naissance ?…
     J'ai commencé sur le paradoxe, et voilà qu'ici je m'aperçois que pleurer ou rire ne dépendent que de moi. Je suis peut-être déjà sur la troisième voie…
     Alors, oui, il pleut, c'est comme ça, la faute à personne, il pleut et c'est tout… Aucun paradoxe quand je contemple le fait. Peut-être même ni émotion, ni souvenirs. De toute façon, il ne pleut jamais pareil.
 
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Publié dans Prof

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L
Me voilà moins seule en terre d'injustice d'informatique...(rires)<br /> <br /> Chacun son tour...effectivement...<br /> <br /> Babiche
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C
Il faisait gris sur ma planète... Dis, Babiche, j'ai commencé à écrire la suite de notre... expérience, tout s'est effacé, je trouvais ça beau, un peu désespéré, je m'y remettrai plus tard. Chacun son tour !
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L
Et pourtant...certaines larmes n'ont pas de prix....Certaines larmes sont belles je crois....Oui je le crois...Certains rires sont faux, trop éxubérants....<br /> Paradoxe? Peut être que pleurer est la chose la plus sincère, la moins calculée....<br /> Moi je pleure souvent....Parfois je souris....<br /> Et au hasard de mes peines, il m'arrive de rire...<br /> (sourire)<br /> C'est étrange ces expressions, ces émotions....<br /> Douce journée,<br /> Babiche
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