Je dis moins...
"Je ne dirai plus" :
A quoi ça sert ?... Il y a tant de chose que je m'étais promis de ne plus dire...
"Tu me manques" :
Comme si une partie de moi mourrait de la disparition de l'autre, des milliers de morts qui me bouffent la tête. Et puis, est-ce bien raisonnable ? L'autre est si important que sans lui on n'est plus tout à fait le même ?, et pourtant on est toujours aussi entier, voire plus car le coeur apprivoisé pèse d'un doux fardeau. Mais quels mots pourraient les remplacer : "je suis content de la ballade avec toi", ?, "il me tarde de te revoir", non, l'attente est pénible état d'esprit, on imagine, on croit, on se figure, et puis non, c'est pas ça et rien de ce qu'on a pensé... "La vie est belle maintenant que tu es là", ?, et avant ?, et après ?, cette personne qui nous manque tant, à en crever quelquefois, est-elle le but de tout ça, sa raison ?, et l'oiseau qui égaie mes cieux ?, et la rose rouge qui s'ouvre sur un lit de violettes ?, et tous ces instants de bonheur que je vois et ressens, en étant juste là, seul avec moi-même et comblé des présents de la Création, ne sont-il pas importants aussi ?.. Cette sensation de manque, qui touche jusqu'au corps, et nous fait tourner en rond, entre nos quatre murs, ivre de douleur de ne plus être près de celle, de celui qui rend notre vie si parfaite. Tu ME manques, mon objet qui éclaire mes nuits, mon soleil qui fait briller ma vie, tu ME manques, à moi, j'ai besoin de toi pour tout voir beau, seul et seule je suis perdu(e) en ce monde si vide de ta présence... Je suis perdue, paumé, tout seul avec moi. Avant toi, je ne savais pas à quel point j'étais seule, tu es devenu celui qui m'a gâché ma solitude... Car maintenant tu ME manques, à moi, toi qui me donne une raison d'exister... Et puis il y a tous les autres manques, moins forts, celui d'un ami que l'on aimerait bien revoir, mais pas le temps, le courage, celle d'une super soirée avec toute la bande, vivement que ça recommence, "il me tarde". Car, "tu me manques" est souvent suivi d'un "il me tarde", l'imaginaire travaille au galop et naissent les attentes, celle du téléphone, de la carte postale, mieux de la lettre, enfin de tous signes qui indiquent que l'on n'est pas oublié et qui crient à tue-tête que l'on n'oublie pas... Je ne sais pas ce que je dirai à la place, mais peut-être, oui, vais-je essayer, pas de promesse, d'en dire un peu moins.
"Je dois, il faut, tu devrais, à ta place" : je crois que ce fut ma première "promesse" quand j'ai commencé ma route vers les sommets de l'esprit. Le rêve peut sembler bien haut mais la route est vraiment superbe. Ces mots sont les pires, sur ma liste noire, de ce qu'il "faut", argh !, dire ou pas !...
"Pourvu que"
"Si seulement, si"
"Si j'avais su"
"Mon dieu, qu'ai-je fait ?"
"C'est pas ma faute !"
"J'y suis pour rien..."
"C'est lui le coupable."
"C'est elle qui m'a fait mal."
Non, ce matin je ne me ferai pas de vaines promesses. Je me donnerai juste un conseil : tout ce qui emprisonne l'autre dans mes mots, m'emprisonne moi-même. L'autre est ce qu'il est pour me faire comprendre et avancer, l'autre est un messager, sous toutes ses apparences. Tout ce que je vis est ce que je crée... Tout commence dans mes pensées.
