Départ

Publié le par Chris

Voilà... Mes cartons sont prêts. Ho, il n'y en a que quatre, plus deux sacs de voyage, j'ai passé ces cinq dernières années à me dépouiller... Suis-je pour autant totalement détaché ?...

Demain je m'en vais. Je ne sais pas pourquoi mais il me semble que c'est pour toujours. Comme si je ne me donnais plus le droit de faire demi-tour. Il y a eu de nombreux départs dans ma vie et si je fais bien le compte, du militaire au restaurateur, de l'organisateur au grand patron, dans le tertiaire ou l'industrie, j'en suis, je crois, à ma huitième vie. Je devrais être habitué aux changements mais je ne ressens pas cet instant comme les précédents. Car j'ai fait un choix, un vrai : celui d'abandonner définitivement ce "qui j'étais"... Et de me tenir fermement à cette décision, comme Robinson à son Vendredi.

Là-bas mes rêves m'attendent, une vie au jour le jour à laquelle je n'ai jamais été formé, l'inconnu en somme, même si nous tentons de planifier deux ou trois petites choses dont un collectif d'artistes avec boutique qui me tient particulièrement à coeur. Le cadre supérieur a jeté ses dernières chemises et le seul pantalon de ville qui lui restait... Je sais la portée symbolique de mon geste : j'ai jeté l'homme d'affaires avec ses tuniques. Et là, maintenant, tout de suite, car je ne peux dire ce que sera demain, j'ai le trouillomètre à zéro et le moral dans les chaussettes.

Oui, j'ai décidé de vivre près de la nature, entouré d'arbres et de rivières, dans un vert soutenu sans la moindre pollution, afin de revenir à ce que nous étions avant que la révolution industrielle ne nous précipite dans les affres de la surconsommation. Mais en moi, ça crie encore. Mes conditionnements sont si profonds. Nous sommes nombreux là-bas à suivre la même "utopie", celle du coeur, et, tiens ?, subitement le mien se réchauffe. Il y a Laurence la créatrice de mode au talent évident, Patricia qui brode avec brio, Alain qui écrit de jolis nouvelles, Jojo qui rend l'inerte utile, Nathalie, bien sûr, Nathalie qui sait ouvrir les coeurs, Lulu à l'âme de constructeur, Patrick l'architecte, Pascal le metteur en scène, Dominique le maître des corps, JP et sa Jasse historique dont il ne sait que faire, Manu le compositeur, et tant d'autres talents, à croire qu'ils se sont tous donnés le mot pour tomber dans le coin. Car il fallait le trouver ce village perdu. C'est que du bonheur tout ça, je sais. Alors qu'est-ce qui me pèse ce soir ? Pourquoi cette nostalgie ? Demain, une autre vie va commencer, pleine de belles surprises, et pourtant, je l'avoue, j'ai comme une envie de pleurer celui que j'étais et que je ne serai jamais, jamais plus.

Un psy me donnerait toutes les explications nécessaires, Jung serait enchanté de mon cas, un Bélier me dirait que je n'ai rien à perdre, moi-même je vois bien où ça bloque, mais je n'ai pas besoin de ce genre de conseils. Ce soir, en mon âme et conscience, sans peur du ridicule, je veux faire mon deuil de ce Christian qu'on aimait bien, respectueux des normes, lui dire définitivement adieu avant de renaître...  

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Publié dans Journal intime

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Commenter cet article
C
Merci ma fille !!! Je suis revenu à Marseille, tu le sais, mais c'est pour le mieux ! On apprend toujours beaucoup de ses erreurs... Je t'aime !
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C
ça va te faire du bien mon papa!!!!prendre du temps pour toi et pour faire ce dont tu a vraiment envi au lui de penser a ce que tu aimerai faire!!!!vive la vie au grand airs!!!!prend soin de toi surtout c la seul chose que je ne te pardonnerai pas!!!JE T'AIME
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C
Yes de Yes ! Merci David, merci AïmalUn... Ca réchauffe sec !
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A
J'espère avoir toujours de tes nouvelles Fratellu.<br /> Va vie et rêve!<br /> A bientôt.<br /> Bisous
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F
Je suis absolument convaincu que tu fais le bon choix, je ne sais pas pourquoi, du peu que je sais de toi, je me dis, je suppose que cela te libèrera, une fois l'angoisse et la peur de l'inconnu dissipées...
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