A l'église
Saint Pierre a l'air désabusé, sa bouche tombe, ses yeux sont perdus dans le vague et les clés il me tend sans vouloir les lâcher. La Vierge souffre en contemplant les misères de ma terre, ou son fils agonisant. Quant à Jésus, il souffre sur sa croix un calvaire déjà bi-millénaire. Que de la souffrance, partout. Sans compter leurs textes censés me protéger de tous mes péchés, à croire que le diable n'est que moi.
Sur les vitraux, les saints sont sérieux comme des papes. Sérieux, pour une religion enseignant l'amour, est-ce bien raisonnable ? Sérieux comme un pape, triste comme un saint, meurtri comme le Christ, éploré comme Marie, lassé comme Saint Pierre qui semble ne trouver personne à qui donner les clés, l'église est bien sérieuse, l'Amour y est douloureux.