Gentil coquelicot Monsieur

Publié le par David

J'aime son style, ses mots que l'on n'attendait pas, ses tournures étranges... Sur-réalistes ! A lire et relire, bien sûr : Gentil coquelicot Monsieur chez Absolu Vindicatif...

" Des coquelicots pour se figurer la légèreté au vent, des coquelicot, couleur du sang, mais bon, de l'amour aussi, et le coeur noir, comme mille mouches écrasées, un oursin qui dort ou juste de la suie sur le sucre des antres de la fleur. Un coquelicot, tige barbelé doux, une fleur de fragilité, un symbole de fluidité écartelée. Et des pétales qui flottent aux airs, un regard dans les erses rouges, viens, courons dans ces champs de coquelicots cueillis pour nous, sous nos foulées de mauvais marcheurs, courte l'élancée, brève l'endurance, plus loin les prés de maïs, casser le grain et s'arrêter à l'orée des bois, des chênes en dignitaires des lieux, les ronces en cerbères du temple, les feuilles froissées, et moisies, en tapis d'amertume. La forêt s'éclairerait aux tourments des branches haletantes, un ruisseau ébruiterait la rumeur du palais de boiserie, et nous glisserions sur le tronc affaissée, boîterons sur les galets chancelants, elle fut ainsi la forêt de mon enfance. La laie et ses marcassins comme un danger à affronter dans les stries de blé, ou d'avoine, plus loin, les moisssoneuses-batteuses, et leur tintamarre paysannesque, en haut de la coline, toujours les pertes de vue, pertes de civilisation. Je te regarde maintenant, oui, 20 ans après, tu cours certes moins vite, tu t'émerveilles probablement moins, mais l'automne est là, et nous l'adulions ce pyromane des alentours calcinés ou roussis. Et puis, le petit chemin de terre, comme une conduite sinueuse à l'horizon tout proche, les cîmes alpines à porter de pas. J'ai rêvé le coin, alors que je le découvrais vaste et insensé, dans mes billes de gosse, je le rêve toujours, lorsque nous prendrons ce train pour l'aléa, pour la sottise, pour le repos. Ta cîté ne fera pas l'écho de hiboux de la nuit, et les hulottes resteront aux manuels scolaires, nous traversons parfois la place Bellecour ou gravissions les marches du sacré coeur. Tu ne te rappelles pas, non évidemment, le coquelicot c'est moi, ou toi, à sang nos ardeurs, protégées nos noirceurs, tu as, j'ai, le coeur en défaillance, comme les ailes de la dite fleur, prêtes à s'arracher pour un rien, et plus résistantes que l'on y pense. Tiens, l'on voit à présent mes veines, et de mes deux doigts, je peux désormais encercler mon poignet. On ne déchire pas à la terre ses éléments trop minces et si vifs, ne m'ôte donc pas toute illusion de vie. C'est tenace un coquelicot ! Il parle avec les bises, dialogue avec le soleil, et ne meurs pas avec les pluies. Tu peux me mettre en vase, que j'en mourrai sûrement, oui, mais cueille moi désormais, mes terres ne me font plus grandir..."

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C
J'y ai habité 2 ans... Raison de ma nostalgie. Je suis tes péripéties en te lisant souvent. J'espère que tu vas commencer à ranger un peu, histoire de prendre possession de ton territoire... Bises !
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F
Salut mon cher Chris, me voilà enfin reposé, enfin non, ce n'est pas tellement le mot adequat, mais me voici chez moi, au milieu d'une montagne de cartons, mais serein, je reprends ma place parmi la blogosphère, tout doucement, merci encore une fois de me faire une si belle place, au fait, es-tu allé à San Francisco ???
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