La réalité dépasse la fiction
Lu chez [Le Cafard cosmique]
"Le Meilleur des Mondes" de Aldous Huxley
La société est totalement rationalisée : les individus sont fabriqués artificiellement, dans des cuves, leur programme génétique les destine à une fonction précise dans une catégorie sociale déterminée à l'avance. Les messages qu'on leur répète pendant leur sommeil les conditionnent. Par exemple, les Epsilons, la plus basse catégorie d'individu, sont extrêmement heureux de veiller au fonctionnement des machines. Les sentiments sont neutralisés par une drogue, le soma, qui rend perpétuellement heureux, le sexe est totalement libre, mais l'amour, le mariage et la parenté sont refusés et jugés obscènes. Bref, c'est le meilleur des mondes possibles...
Deux personnages échappent au système : Bernard, un Alpha - la plus haute catégorie d'individu - dont le programme génétique a partiellement échoué, et John, le Sauvage, qui vivait dans une réserve au Nouveau Mexique, et qui découvre le meilleur des mondes.
Grand roman, cruellement visionnaire, plus de 60 ans avant le clonage de la brebis Dolly... Ecrit en 1931 en quatre mois, bien avant la Deuxième Guerre Mondiale où il n'a donc pas puisé l'avenir dictatorial qu'il décrit dans son livre, Huxley entrevoit déjà les potentialités dictatoriales que recèlent le progrès des sciences du vivant et le consumérisme (Henri Ford est le dieu de son Monde).
Il fut souvent comparé à George Orwell dont il est pourtant très différent : alors que dans "1984", la dictature s'appuie sur le lavage de cerveau, la manipulation du langage et de l'Histoire, dans "Le Meilleur des Mondes", c'est une joie artificielle due au conditionnement et à la drogue qui permet de priver les êtres de leurs libertés.
Il fut souvent comparé à George Orwell dont il est pourtant très différent : alors que dans "1984", la dictature s'appuie sur le lavage de cerveau, la manipulation du langage et de l'Histoire, dans "Le Meilleur des Mondes", c'est une joie artificielle due au conditionnement et à la drogue qui permet de priver les êtres de leurs libertés.

"1984" de George Orwell
Winston Smith travaille au Commissariat aux Archives, Ministère de la Vérité. Il réécrit les numéros des journaux déjà parus pour corriger les erreurs du Parti ou de son leader, Big Brother. Car le Parti ne se trompe jamais. Une fois l'Histoire réécrite, il n'y a plus trace de l'erreur, car elle n'a jamais existé. En 1984, le Ministère de la Paix mène depuis des années une guerre sans fin au bout du monde. Le Ministère de l'Amour torture les opposants et détruit jusqu'à la mémoire de leur existence. L'administration met au point la Novlangue, langue destinée à réduire le domaine de la pensée en restreignant de plus en plus le nombre de mots. Des slogans totalitaires s'écrasent sur tous les murs : "LA GUERRE C'EST LA PAIX, LA LIBERTE C'EST L'ESCLAVAGE, L'IGNORANCE C'EST LA FORCE".
Winston n'aime pas ce monde, il se confie à son carnet, en cachette. Il cherche l'amour. Il va le trouver. Mais, en 1984, l'amour non plus ça n'existe pas.
George Orwell a créé la société la plus totalitaire imaginable, un cauchemar qui guette notre monde fasciné par la technique et l'efficacité.
Tout y est : la fin de l'individu (pas d'amour, pas de famille), la personnalisation du pouvoir (Big Brother), l'embrigadement de la jeunesse et aussi la télésurveillance, le lavage de cerveaux, la réécriture du passé, la manipulation de la pensée par le vocabulaire... Mille idées pour créer l'enfer sur Terre.
C'est terrifiant. C'est aujourd'hui ! Chef d'œuvre absolu.
A noter que George Orwell eut pour professeur de français Huxley, l'auteur d'une autre dystopie fondatrice de la science-fiction politique, "Le Meilleur des Mondes".
Tout y est : la fin de l'individu (pas d'amour, pas de famille), la personnalisation du pouvoir (Big Brother), l'embrigadement de la jeunesse et aussi la télésurveillance, le lavage de cerveaux, la réécriture du passé, la manipulation de la pensée par le vocabulaire... Mille idées pour créer l'enfer sur Terre.
C'est terrifiant. C'est aujourd'hui ! Chef d'œuvre absolu.
A noter que George Orwell eut pour professeur de français Huxley, l'auteur d'une autre dystopie fondatrice de la science-fiction politique, "Le Meilleur des Mondes".
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