Etre où je suis.

Publié le par Christian Pélier

        Plus le temps passe et plus je m'aperçois de la profondeur qu'il faut accorder à la moindre des choses. Tout est important et rien ne l'est m'est encore difficile à accepter dans la réalité que je partage avec toi. Etre à l'écoute, bien observer, prendre à bras-le-corps chaque instant de ma vie…? Quand j'y pense, j'en frissonne. Tout le temps ?… Car il m'est plus facile aujourd'hui de me perdre dans mes méandres que dans ceux du monde extérieur, qui sentent pas toujours la rose, la faute à qui ? Se remettre à chaque fois en place, se dire sans cesse : " écoute bien, sois attentif, cette personne te parle, à toi, que se dit-elle ?, qu'est-ce que j'apprends ? ", m'épuisent au point de parfois me faire préférer la solitude de l'apprenti-artiste. 

        Tout est important, tout est essentiel ! Ce sourire, ces yeux clairs qui me fixent un bref instant, cette affiche " de la beauté partout !" ! Tout me dit : " Ouvre les yeux, bien grands, tout est là où tu es car tu y es, là ! Et pas ailleurs, surtout pas dans ta tête !" Et même qu'aujourd'hui, une autre voix, pas la même, m'a dit : " Regarde. En chaque être dans ce bus il y a la beauté. Saisis-la, maintenant, tout de suite." Ca m'a fait très bizarre, parce que j'ai vite vu que c'était vrai.

        Devant moi deux sourds-muets parlaient dans leur langage. Elle était grande, blonde, normale, sans se retourner. Il était petit, pas beau du tout, le nez tout enfoncé dans le visage. J'ai fait semblant de pas voir. Si. Mais on pouvait pas les louper. Aussi assortis que la Belle et la Bête, en moins mignonne et plus affreux. Si. Ca faisait déjà un petit moment que me trottait dans la tête le concept de la beauté. Rapport aux affiches partout pour je ne sais quel magasin qui veut mettre de la couleur, du goût et de la beauté dans nos vies. Ce qui tombe bien de nos jours. Bref. J'ai tout fait pour ne pas les dévisager avec de grands yeux écarquillés. Surtout, forcément, qu'ils n'arrêtaient pas de me regarder, les choses sont bien faites, rapport à ma canne qui a du créer entre nous comme une complicité qui m'étonne encore. Rebref. Passé donc toute ma stupeur, terminé avec mon regard braqué au-dessus de leurs têtes pour ne pas avoir à répondre à un quelconque sourire qui créerait une nouvelle connivence que je n'invitais pas, une fois enfuies les pensées imbéciles grâce à ma profonde réflexion psycho-philosophique sur la beauté, j'ai fini par les regarder bien en face… Ben elle avait des yeux superbes. Très grands, peut-être un effet de sa perte de sens, tout bleus. Et lui aussi, noirs, et immenses, tristes et pleins d'espoir, à la fois. Les yeux sont le reflet de l'âme, j'ai croisé leurs regards et leur ai souri. Encore timidement, je sais, mais ça viendra, j'apprends à me lâcher... et eux aussi…

        Profondeur et Beauté se conjuguent ainsi très bien. Accorder de l'attention à toute chose et en voir la beauté donnent un autre sens à ma vie.

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Publié dans Journal intime

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C
Ben ouais ! T'as raison Marithé. En plus ça ne coûte rien.
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M
c'est super  de ragarder les gens,sans juger,sans toiser...un simple regard gentil et ça réchauffe le coeur ..alors un sourire !!c est merveilleux...et ça ne t'engage pas ..Les gens sont etonnés quand tu souris ...tout le monde a ses soucis ..et un ptit sourire   ça mange pas de pain !!Gros bisous Chris et bonne journée pleine de sourires
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C
Ouais, hein ?... C'est pas si facile que ça... Merci pour l'encouragement.
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A
Bravo Chris !
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