Inspiration musicale
Travail du jour ! De la musique à fond dans les oreilles, je teste un style plus particulier d'écriture : celle d'ambiance. Les notes entraînent mes mots au fil des évocations qu'elles suscitent en moi.
Buddha Bar II, Party 2, tout un programme !
Utilité ? Aucune. Perte de temps ? Je me pose la question. Et préfère vite m'imaginer comme un athlète à l'entraînement. Devant moi la piste. Je fais quelques assouplissements, je dérouille mon inspiration, je vais aller au bout de moi-même comme un coureur de fond. Pas de sprints quand on écrit.
Violons… J'adore… Légers, aériens, comme une douce chanson d'amour des temps anciens, bien romantique à souhait, genre Hollywood dans ses plus beaux moments. Aurais-je vécu à cette période pour l'aimer autant ? Etais-je écrivain dans mes autres vies ? D'où me vient cette passion qui me prend tout entier sans que je puisse exercer la moindre volonté pour la juguler, qui me rend fou ?… La batterie prend le dessus. Ho, lente et chaleureuse, pas un solo rock n'roll qui déchire les tympans, mais de la grosse caisse bien grave, des glissés, quelques chassés de cymbales, rien qui me retourne la tête ni me donne envie de danser, juste le plaisir d'être là et d'écouter. Je pense la musique dans les besoins vitaux de l'homme, au même titre que l'instinct de reproduction. Des dizaines de millénaires que nous sommes là et elle nous accompagne depuis nos débuts... Le piano s'y est mis, juste devant les cuivres en fond sonore. Comment on aurait fait sans musique ? Qu'arions-nous trouvé si nous n'avions pas eu les notes ? Et qu'y avait-il d'autre à trouver pour nous régaler quand toute la nature est musique ?
Piste 2… " When you do something that you love…" Pouvait pas tomber mieux ! Comme le hasard me devient signifiant quand mes mots s'accordent à ceux des autres. Elle me demande l'heure, c'est presque le matin, " je suis content que tu sois là ", elle me dit de rendre les choses plus faciles, je m'y efforce, encore, alors que je devrais laisser faire. "Free now from pressure !" " When you do something that you love, you do it well, no matter " Où va le chemin, se demande-t-elle dans la lumière des projos, le chemin de sa vie, le chemin de ses rêves, question que je me pose aussi à longueur de temps. Le sens de la vie, de la mienne, de ceux qui me croisent… Il y en a un, et simple, et compliqué, mais lequel ? Preservation, éléments, sytèmes, la vie continue, réalisation, patience, expression, résolution, complète, océans, pierres, cadeaux, silence... Les mots s'égrènent sur une ligne de basse continue.
Piste 3… L'Amérindien se lève ! Une force étrange m'envahit. Je vois un feu de bois, la voûte étoilée, le chaman les bras dressés pour une invocation rituelle, il va me donner les clés de ma véritable dimension. Je vois la planète, ses arbres, ses monts, ses plages, ses frondaisons merveilleuses. Je sens son cœur qui bat et je bats avec elle. Car je suis elle, aussi, comme je suis l'étoile qui brille, le soleil qui s'embrase, l'infini que j'admire. C'est moi qui donne la vie à tout ça. Par moi la vie sait qu'elle existe. Amérindien, Indienne ou Moine, le chant s'amplifie, proche du Aum salvateur. "Transformation"… Que c'est bon à entendre. Que c'est bon de se savoir nombreux sur la même voie… Piste 4… L'exercice est éprouvant. Me voici au Tibet. Quelques moines se sont regroupés pour saluer le matin de leurs chants et danses sacrés. Je les regarde, les cheveux défaits par le vent qui souffle fort à de telles altitudes. Pas froid. Je les écoute admiratif. Parfaitement en rythme, dans une syncope propice à l'abandon, ils envoient leurs pensées positives à un monde qui en a bien besoin. Bras ouverts, ils tournent et tournent et tournent comme des derviches. J'en vois même un qui s'élève. Le moment est magique. Ses pieds nus ne touchent plus terre. Les yeux fermés, il tourne comme une toupie tandis qu'un fil d'argent le relie au ciel et à la terre. De mes pieds monte une énergie que je ne connaissais pas. Le sommet de mon crâne s'ouvre pour laisser pénétrer la lumière du matin qui m'envahit… tout entier… Je suis tout blanc de l'intérieur. Putain, que c'est beau !… Piste 5… Il pleut. Je suis dans une jungle tropicale. Les feuilles plient sous le poids de l'averse qui abreuve la terre riche en humus. Les odeurs m'enivrent. Il pleut et le ciel est bleu. Les arbres avaient faim, Gaïa le savait. Je sors de mon abri et lève mon visage pour recevoir la pluie divine. J'ouvre la bouche pour laver mon intérieur, aussi, dedans, dehors, partout l'eau de la Vie. Je frotte mon corps afin qu'il se débarrasse de toutes les impuretés accumulées au fil des ans. Avec vigueur. Puis doucement. Je n'oublie aucun coin, je furette partout, je me lave à grandes eaux. Baptême. … Nu, je me conjugue avec les éléments. Nu, je suis arbre et feuille. Et la goutte d'eau qui crée l'océan. Mes yeux se ferment, mes narines aspirent, mes poumons se nettoient, mon estomac se dénoue, mes jambes s'enracinent. Aucune pensée ne me vient tant je participe au plaisir de ma régénération. Piste 6… Le rythme est de plus en plus soutenu. C'est l'after-dinner, l'heure de se lever et de danser, repu et satisfait. Violon tzigane, djumbés, les parfums d'Orient m'envoûte. La musique se fait tribale. Ma tête s'anime et trouve son tempo tandis qu'un chanteur arabe se lance dans une longue mélopée ensorcelante. Je danse autour du feu. Hommes, femmes et enfants nous dansons pour célébrer la Vie… La transe nous appelle. Le détachement est à son comble. L'individu s'efface pour la grande connexion au divin contenu en toutes choses. Piste 7… Chiffre magique par excellence, 6 me dit la platine, tant pis, il sera mon septième. Visions de villes gigantesques, d'autoroutes saturées sur lesquels défilent des milliers de voitures, pistes de night-clubs… Je n'y suis plus… Piste trop calibrée : je dérape… Pause.
Buddha Bar II, Party 2, tout un programme !
Utilité ? Aucune. Perte de temps ? Je me pose la question. Et préfère vite m'imaginer comme un athlète à l'entraînement. Devant moi la piste. Je fais quelques assouplissements, je dérouille mon inspiration, je vais aller au bout de moi-même comme un coureur de fond. Pas de sprints quand on écrit.
Violons… J'adore… Légers, aériens, comme une douce chanson d'amour des temps anciens, bien romantique à souhait, genre Hollywood dans ses plus beaux moments. Aurais-je vécu à cette période pour l'aimer autant ? Etais-je écrivain dans mes autres vies ? D'où me vient cette passion qui me prend tout entier sans que je puisse exercer la moindre volonté pour la juguler, qui me rend fou ?… La batterie prend le dessus. Ho, lente et chaleureuse, pas un solo rock n'roll qui déchire les tympans, mais de la grosse caisse bien grave, des glissés, quelques chassés de cymbales, rien qui me retourne la tête ni me donne envie de danser, juste le plaisir d'être là et d'écouter. Je pense la musique dans les besoins vitaux de l'homme, au même titre que l'instinct de reproduction. Des dizaines de millénaires que nous sommes là et elle nous accompagne depuis nos débuts... Le piano s'y est mis, juste devant les cuivres en fond sonore. Comment on aurait fait sans musique ? Qu'arions-nous trouvé si nous n'avions pas eu les notes ? Et qu'y avait-il d'autre à trouver pour nous régaler quand toute la nature est musique ?
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