Quel drôle de job !
J'suis un exhibitionniste. Si. Comme la plupart des écrivains. J'aime écrire des mots qui me mettent à nu. Et j'aime les lancer sur la Toile, va savoir pourquoi. Etre écrivain c'est être convaincu de la portée de ses mots, même si on redoute leur assemblage, même si on se met martel en tête pour le placement d'une toute petite virgule de rien de tout qui pourrait remettre en cause toute la structure de la phrase, qui ne dirait pas la vraie respiration que l'on veut donner au texte. Chaque détail compte. Mais au-delà de la forme, merci Anna, ou du propos, car l'on peut faire passer ses idéaux sous n'importe quelle forme, encore mieux ses failles, il faut avoir une sacrée dose d'exhibitionnisme, ou de folie, c'est au choix, ou d'optimisme, ce n'est pas déconseillé, pour se lancer dans l'écriture et espérer en vivre un jour. Je ne crois pas avoir tant à dire, j'suis comme tout le monde, mais j'peux pas empêcher les mots de sortir, j'dois être né pour ça, ça me dépasse. Je vois bien l'acte en soi et ce qu'il représente, comme une star monter sur les planches et lancer des mots qui font mouche, vouloir appartenir au panthéon, peut-être survivre tout simplement quand je ne serai plus, l'acte d'écriture est constitutif du métier que j'ai choisi, pourtant je me demande quelle est la force que je ne connais qui me pousse à le faire en dépit de tous les aléas d'une carrière d'auteur. Peut-être mes mots ne sont-ils que des bouteilles à la mer, ou l'essence même de mon identité profonde, peut-être que j'écris pour ne pas mourir, accroché au stylo comme le naufragé à son radeau, dernier rempart bien dérisoire avant l'ultime plongeon. En tout cas j'écris faisant fi de toutes ces questions pénibles. Sans en vivre. Peut-on rêver plus beau challenge quand on est débutant ? Faire sans comprendre mais faire quand même, telle est ma devise.