Sans fil conducteur
Taper un article, c'est tout un rite. Je tourne, j'hésite, je cherche des trucs à dire qui pourraient faire de bons textes. Je cherche le ton, après le sujet, qui, je le sais, ne sera pas traité exhaustivement, les mots et les idées se succédant à mesure que je tape ce qui me vient, me disant que j'ai toujours le temps de me relier et de corriger, voire de ne pas poster, hop à la trappe, tant pis, j'aime pas jeter les mots. Les seuls trucs que j'ai gardés durant mes pérégrinations de ces cinq, non six, combien ?... Je rentrais en France, 98, mon père venait de mourir. C'est là que tout a basculé. Et me demande pas pourquoi, j'ai pas envie d'aller voir. Neuf ans ?
Ca fait neuf ans que mes bouquins me suivent, même ceux que j'ai pas lus. Et aujourd'hui je vis dans une bibliothèque. J'peux pas jeter les mots ! Les livres me fascinent, j'adore en être entouré, mais j'lis plus trop ces derniers temps, j'ai peur d'être contaminé... Si. Je crains de tomber sous le charme d'un auteur et de plagier sa plume sans le vouloir. Je crains aussi le génie de certaines pages qui me font prendre conscience de tout le travail qu'il me reste à faire pour atteindre la perfection que je vois en eux, cette maîtrise du fond et de la forme que j'appelle mon Sacré Graal. A cause de mes peurs, je ne lis plus mes auteurs préférés. Remarque je les connais bien. Mais si j'en ouvre un je prends le risque de ne plus écrire pendant des jours longs comme celui du prisonnier dans son cachot. Sans mots, à quoi bon ?, jamais je ne lui arriverai à la cheville !, comment ils font ?... Rien que d'y penser j'en arrête de taper.
Un Pennac par exemple, il est génial dans ses dialogues et son esprit est léger, caustique, pas donneur de leçons pour deux sous. Et Saint Exupéry... Mon chouchou, pas dans tout, mais une plume magique, une profondeur parfois insondable, un sens prodigieux de la métaphore, une vie hors du commun. Si je l'ouvrais là, ce serait comme aller lécher une prise, à rester vide, petit et malheureux recroquevillé sur le carrelage froid, électrocuté par des mots que je n'écrirai jamais. Ce qui, je le concède, est quelque peu excessif. Mais exact. Je les vois mes auteurs, ils sont là un peu partout, je les prête aussi, ils voyagent avec mes amis. ... Et j'peux pas les lire. Mais je les jette pas. Jeter des mots m'est insupportable, les miens comme ceux des autres. Dis, c'est grave docteur ?
Ca fait neuf ans que mes bouquins me suivent, même ceux que j'ai pas lus. Et aujourd'hui je vis dans une bibliothèque. J'peux pas jeter les mots ! Les livres me fascinent, j'adore en être entouré, mais j'lis plus trop ces derniers temps, j'ai peur d'être contaminé... Si. Je crains de tomber sous le charme d'un auteur et de plagier sa plume sans le vouloir. Je crains aussi le génie de certaines pages qui me font prendre conscience de tout le travail qu'il me reste à faire pour atteindre la perfection que je vois en eux, cette maîtrise du fond et de la forme que j'appelle mon Sacré Graal. A cause de mes peurs, je ne lis plus mes auteurs préférés. Remarque je les connais bien. Mais si j'en ouvre un je prends le risque de ne plus écrire pendant des jours longs comme celui du prisonnier dans son cachot. Sans mots, à quoi bon ?, jamais je ne lui arriverai à la cheville !, comment ils font ?... Rien que d'y penser j'en arrête de taper.
Un Pennac par exemple, il est génial dans ses dialogues et son esprit est léger, caustique, pas donneur de leçons pour deux sous. Et Saint Exupéry... Mon chouchou, pas dans tout, mais une plume magique, une profondeur parfois insondable, un sens prodigieux de la métaphore, une vie hors du commun. Si je l'ouvrais là, ce serait comme aller lécher une prise, à rester vide, petit et malheureux recroquevillé sur le carrelage froid, électrocuté par des mots que je n'écrirai jamais. Ce qui, je le concède, est quelque peu excessif. Mais exact. Je les vois mes auteurs, ils sont là un peu partout, je les prête aussi, ils voyagent avec mes amis. ... Et j'peux pas les lire. Mais je les jette pas. Jeter des mots m'est insupportable, les miens comme ceux des autres. Dis, c'est grave docteur ?
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